Le Canadien de Montréal, mythique (bof ! pourquoi pas ?) équipe de la Ligue Nationale de Hockey, célèbre cette année son centenaire…
Au début de la saison, tous les espoirs étaient permis. Par rapport à l’an passé, le Canadien s’était sensiblement amélioré avec l’addition de Robert Lang, Alex Tanguay et Georges Laraque pour protéger les petits joueurs, petits joueurs qui s’étaient faits assez aisément intimider par les Flyers de Philadelphie au printemps dernier lors des éliminatoires de la division Est.
En effet, je m’imaginais que pour la première fois depuis un sapré bout de temps, je pourrais regarder mon équipe favorite faire la grande finale et qui sait, avec un peu de chance, avoir une réelle opportunité de remporter la coupe Stanley pour la première fois en seize ans ! Et tout ça pendant l’année du centenaire de l’équipe par surcroît ! L’attente n’aurait pu être plus douce !
Quand la saison a commencé, bien que l’équipe gagnait, le jeu d’ensemble me laissait sur mon appétit : des revirements à la tonne, du jeu pas inspiré du tout, un manque flagrant de cœur à l’ouvrage, un désintéressement quasi généralisé et un évident manque d’esprit d’équipe. Et comme on l’a tous vu, la vraie médiocrité de cette équipe dysfonctionnelle n’irait qu’en augmentant au fil de la saison.
Au lieu d’avoir les succès de l’équipe à cœur, au lieu de vouloir eux aussi embarquer dans l’ambiance du Centenaire de l’équipe en remerciant, par des victoires ou en affichant un tout petit peu de détermination sur la patinoire les amateurs de les avoir supportés durant des années, les joueurs ont performé les pieds bien pesants sur les freins tout au long de la saison jusqu’à date : ils n’aimaient pas la face de leur entraîneur-chef, ils avaient les idées ailleurs à cause de leurs contrats pour l’an prochain, les festivités reliées au Centenaire étaient trop exigeantes, etc., alors ils ont tout bonnement cessé de jouer plus le temps avançait. Au diable les amateurs : les joueurs nous ont fait preuve par quatre où étaient situées leur vraies priorités…
Je ne peux décrire jusqu’à quel point je suis déçue. J’affirme sans crainte de me tromper que les seuls laissés pour compte par cette affreuse débâcle ce sont les amateurs : les joueurs continueront de recevoir leurs juteux chèques de paie, la direction a encore un job pour avoir développé un “produit” surévalué/mal évalué et George Gillett va empocher encore des millions générés par sa principale vache à lait. Et nous, on se retrouve avec une équipe qui va perdre des joueurs qui étaient censés être de calibre pour amener l’équipe loin en séries éliminatoires et qui ne pourront jamais quitter assez vite une fois la saison terminée pour aller signer ailleurs, avec une autre équipe.
Les erreurs, de toute évidence, ne sont pas toutes commises par les joueurs. La direction, année après année et ce, depuis au moins seize ans, évalue mal l’équipe qu’elle construit, accorde de fabuleux contrats à des joueurs qui ne les méritent tout simplement pas et se débarrassent de ceux qui veulent rester et qui aiment la ville et ses amateurs. De plus, les repêchages de Trevor Timmins, vous y croyez, vous ? En s’entêtant à snober les joueurs du Québec, l’équipe accueille dans ses rangs des joueurs à qui il faut expliquer le Canadien de Montréal mais qui ne saisiront jamais l’envergure de son importance historique, sociale et culturelle. De plus, la direction est beaucoup plus soucieuse de vouloir faire croire à tout le monde l’Histoire de l’équipe mais finalement, les seuls qui la gobent cette Histoire, ce sont les amateurs purs et durs.
Je ne peux croire que des campagnes savantes de marketing vont leurrer encore bien longtemps le public. La publicité, les superbes affiches un peu partout, les breloques en vente chez Jean Coutu et les campagnes d’implication sociale de l’équipe pour se donner un visage de bon citoyen, c’est bien beau mais il y a un triste néant derrière ces écrans de fumée. J’ose croire que le jour où le Centre Bell se videra, que RDS cherchera désespérément des commanditaires pour la Soirée du Hockey et que l’équipe générera à nouveau l’indifférence du public ne sera pas si lointain. Et l’équipe au complet n’aura que ce qu’elle mérite : pour avoir berné le public avec un plan quinquennal qui a tout à fait l’air d’un pétard mouillé au bout du compte, pour réaliser pas mal sur le tard les erreurs et ne carburer que sur l’improvisation à l’heure actuelle, quelqu’un devra rendre des comptes.

En terminant ce long post, quelques impressions supplémentaires…
En apparence, la direction de l’équipe se préoccupe de ce que les joueurs disent au média, comment ils doivent s’habiller et se comporter. Alors que l’on ne cesse de dire partout dans la ligue que la pression est insoutenable à Montréal pour un joueur de hockey, en s’arrêtant sur des peccadilles du genre et en essayant de prévoir de possibles faux-pas, il me semble que la direction encadre pas mal serré les joueurs : n’ajoute-t-elle pas elle aussi à la dite pression ? Et au lieu d’essayer de contrer d’hypothétiques écarts de conduite, n’aurait-elle pas plutôt intérêt à veiller sur les activités hors glace de certains individus quand leurs performances sont nettement en-deçà des attentes ?
Les joueurs étaient bien soulagés, il me semble, de laisser Carbonneau prendre rapidement tout le blâme pour cette décevante saison. Facile de jeter la pierre à quelqu’un qui n’est pas là pour se défendre alors cela met en relief tout le jaunisme de certains joueurs. Un seul, d’après ce que j’ai vu, a dérogé à cette règle et a dit tout haut ce qui est évident pour nous tous : les joueurs n’ont pas fait ce pourquoi ils sont payés (et grassement en plus) de faire.
Ce joueur est Patrice Brisebois et je n’en reviens tout simplement pas de la classe de cet homme qui a été chassé de Montréal il y a quelques années par des écervelés qui profitaient de l’anonymat offert par les estrades du Centre Bell pour le chahuter. Alors, chapeau Patrice ! Tu es un homme de très grande valeur.
Bob Gainey a affirmé que certains aspects du jeu seraient à changer dorénavant : alors on change des concepts de jeu par des congés ? ou des entraînements de 30 minutes, maximum ? À moins que Bob ne constate tout à coup toutes les bourdes qu’il a commises dernièrement et qu’il se rend bien compte qu’il lui est impossible de stopper l’hémorragie ?
En ce qui concerne l’entraîneur de l’an prochain, si Bob Gainey n’est pas tout bonnement lui-même congédié au cours de l’été, je crois que l’on verra bel et bien l’unilingue anglophone Don Lever à la barre de l’équipe. Pourquoi ? Il est bien évident que la direction ne pourra signer tous les joueurs qui deviendront agents libres et il y aura des choix à faire… à moins que ces joueurs eux-mêmes ne signifient à la direction leur désir d’aller plutôt jouer ailleurs et au plus sacrant. Donc, l’amateur peut s’attendre à voir un paquet de promus des Bulldogs de Hamilton chausser les patins avec le chandail tricolore. Puisque Don Lever est le seul qui connaisse les joueurs de la filiale… Et si cela se concrétise, attendez-vous à une équipe assez ordinaire et pénible à regarder jouer la saison prochaine… encore une fois !
Je crois que l’erreur de Guy Carbonneau aura été de croire que tous les joueurs qu’il avait sous sa gouverne étaient animés du même professionalisme, du même désir de vaincre, du même courage et de la même détermination qui le poussaient à performer soir après soir quand il était lui-même joueur. Les temps ont changé et ces hommes d’affaires en patins, pour la plupart, n’en ont rien à foutre d’être redevables envers ceux qui paient leurs salaires, c’est-à-dire les amateurs. Ils me font penser à des mercenaires allant aux plus offrants une fois, oh ! grand soulagement, leur autonomie complète atteinte. Des Martin Brodeur qui acceptent moins que ce que le marché des agents libres pourrait leur apporter, par sentiment d’appartenance à leur équipe est chose extrêmement rare de nos jours. Alors pourquoi la direction du Canadien s’entête-t-elle à croire qu’elle peut créer chez les individus qu’elle sous la main un sentiment d’appartenance qui n’est qu’artificiel en fin de compte ?
Les amateurs du Canadien qui ont la chance d’assister en personne aux matchs locaux au Centre Bell ont commencé depuis quelques jours à laisser savoir vocalement leur insatisfaction et leur dégoût à cette équipe sans âme lors des matchs : l’assistance se permet maintenant de huer et de scander le nom de Carbo et c’est très bien ainsi. Il est temps que tout l’état-major sache que le temps de les niaiser est terminé. Quand on paie des sièges 200 $+ l’unité et ce, à chaque partie, pour un spectacle aussi désolant, que monsieur Gillett se compte chanceux que ces gens n’exigent pas tout simplement un remboursement immédiat ou que les spectateurs n’intentent pas un recours collectif pour fraude.
Il ne reste qu’une douzaine de matchs à jouer d’ici la fin de la saison et il est possible qu’un total revirement de situation se produise, que l’équipe se regroupe et se trouve une soudaine source d’inspiration pour leur donner un tant soit peu une allure de joueurs professionnels sur la glace. Mais franchement cela tiendrait plutôt du miracle ou encore de l’intervention divine que du sport. Le temps commence à manquer et comme c’est là, l’équipe ne sera pas des séries éliminatoires si le tapis continue de lui glisser sous les pieds…