Adieu Centenaire du Canadien de Montréal… et bon débarras !

4 12 2009

Je voulais attendre au moins jusqu’au quart de saison avant de me faire une idée de cette bande de joueurs de hockey qui porte le chandail du Canadien de Montréal en l’an 2009.

Bizarre d’équipe en effet ! Par moments, ils jouent comme des dieux (bof ! disons que le terme est un peu fort mais vous voyez quand même l’analogie j’espère) et par d’autres, comme une équipe de junior sis au dernier rang.

Et maintenant on nous casse les oreilles avec le match du Centenaire ce soir contre les Bruins de Boston. Hah ! Ils vont fort probablement se faire lessiver. Est-ce que je vous surprend en affirmant cela ?

Au moins ce qui a de rassurant, c’est que ce putain de Centenaire se termine ce soir et on serait supposé ne plus en entendre parler sauf comme exemple pour la plus grosse gaffe de l’historique de l’humanité. L’année de ce Centenaire fut longue et aride  et elle ne se termine pas trop tôt ! Un véritable cauchemar.

Je ne peux dire jusqu’à quel point ce damné Centenaire me crée un extrême sentiment de malaise. J’irais même jusqu’à dire qu’en ce qui me concerne cela se pourrait que ce sera la goutte qui fera déborder le vase, comme on dit.

L’équipe de marketing du Canadien joue pesamment et honteusement la carte de l’Histoire.

Oui, honteusement, parce que :

  • le Canadien était jadis l’équipe que toutes les autres, tous sports confondus, voulaient imiter tant l’excellence et les succès étaient ses seuls et uniques buts et les résultats étaient là pour le prouver. Mais maintenant c’est une équipe ordinaire, qui se noie dans l’océan des équipes de sport professionnel qui ne se démarque plus du tout et qui ne sont là que parce qu’il y a du fric à faire sur le dos des amateurs crédules, prêts à avaler n’importe quoi que l’on peut leur raconter
  • en appuyant si fort sur cet « événement » historique du Centenaire, cela est l’évidence même que cette équipe n’est devenue qu’une parodie d’elle-même et qu’elle est loin, très loin derrière d’autres équipes comme Détroit et Pittsburgh maintenant
  • on nous montre ad nauseam les vedettes de jadis mais où sont les vedettes maintenant ? Est-ce que les salaires versés (comme celui de Scott Gomez, par exemple, qui tourne aux alentours de 8 millions $ US par année) rapportent réellement les dividendes auxquels on serait en droit de s’attendre ?
  • les anciennes vedettes étaient passionnées, prêtes à tout pour gagner : qui est passionné, qui veut gagner aujourd’hui, à part peut-être Bryan Gionta et Michael Cammalleri ?
  • les vedettes de jadis étaient à 90 % francophones. Maintenant le peu de francophones qui s’alignent pour le CH ne sont capables que de jouer sur des troisièmes ou quatrièmes trios. Alors un gros bravo pour l’effort de recrutement au Québec, les amis ! Pourtant les autres équipes sont capables d’en trouver des francophones qui ont du talent…
  • l’équipe actuelle est parasitaire, c’est-à-dire qu’elle ne vogue que sur ses succès passés et n’en génère, n’en crée plus de nouveaux

Canadiens de Montréal

Je suis le Canadien de Montréal assidûment depuis plus de 45 ans. J’ai aimé cette équipe et nous vivions une véritable histoire d’amour, elle et moi, et l’équipe me le rendait bien : beau spectacle à regarder, ultra compétitive, finesse, vitesse, désir de vaincre, une image à laquelle nous étions tous fiers de s’identifier. Au fil des ans, le Canadien ne gagnait pas la coupe Stanley nécessairement à chaque année mais il était toujours possible de se reprendre l’année suivante.

Depuis l’échange qui a envoyé Patrick Roy au Colorado, je nourris l’amour que j’ai pour cette équipe avec des réserves que j’ai emmagasinées aux temps de l’excellence. J’attends. Je me dis « sûrement que l’on va secouer la guigne bientôt, ça ne peut pas durer voyons ! » depuis ce temps.

Par exemple, on ne cesse de nous vanter les choix au repêchage que l’on fait année après année et les résultats sont bien en deçà de ce qu’on nous promet.

La vérité, c’est que cette organisation, jadis si prestigieuse, n’est devenue qu’une équipe parmi tant d’autres, anonyme et sans âme, sans saveur, fade.

Et comme dans toute relation « amoureuse » où les besoins ne sont pas comblés depuis plus de 15 ans, j’avoue que mes réserves achèvent, je ne peux plus aimé ce que je vois, je suis à ça de ne plus regarder ce triste spectacle sur glace et prête à tourner les talons. Je suis de moins en moins intéressée par cette équipe au passé étincelant mais qui a sombré bien bas et dont le futur à court et moyen terme n’offre pas grand-chose sauf une promesse d’être encore drabe et platte à mourir l’année prochaine. Et l’autre d’ensuite. Et l’autre. Et l’autre…

Les Molson ont dit qu’ils avaient pleinement confiance dans les membres de direction actuelle du Canadiens de Montréal : dommage, l’occasion aurait été belle de dénicher, entre autre, un DG audacieux, créatif, imaginatif, quelqu’un avec une vision, capable de redonner un peu de lustre à cette équipe dysfonctionnelle qui en a cruellement besoin. Un DG qui saurait s’entourer des meilleurs pour l’aider à accomplir son travail, notamment dans l’équipe de recruteurs des joueurs amateurs (présentement, quel gâchis). Bref, tout ce que n’est pas Bob Gainey, un gars incapable d’évaluation juste du personnel en place.

D’ailleurs sur ce point, le journaliste de La Presse Mathias Brunet, qui connaît son hockey comme pas un, ne nomme jamais le nom de Bob Gainey parmi les dix meilleurs DG de la Ligue Nationale de Hockey.

(Quand j’ai lu que la vente du Canadien avait rapporté trois millions de dollars en boni à Bob Gainey, je me suis esclaffé et ensuite étouffé. On récompense quoi au juste, ici ? Les plans quinquennaux ratés ? Les insuccès à répétition ? Laisser à chaque année l’équipe poireauter dans le minable ?)

Et je ne blâme absolument pas Jacques Martin : avec les joueurs qu’il a sous la main, que peut-il réellement faire ? Il ne peut quand même pas tous les transformer en clones de Mario Lemieux, quand même !

Alors en ce qui me concerne, c’est l’écœurantite aiguë, les amis. Pus capable, pus capable pantoute…

_____________________

Ajout 5 décembre 2009 :

Éh bien, éh bien ! On dirait que les ti-gars ont enfin été inspiré hier et en ont sorti une bonne. Quelle équipe énigmatique ! C’est à ne rien y comprendre.

S’ils peuvent continuer sur cette lancée pour un bon bout de temps pour racheter leur quart de saison peu convaincant, c’est tant mieux pour les amateurs. Est-ce que depuis le début de la saison ils ont prouvé qu’ils peuvent le faire ? Ça, c’est une toute autre chose cependant.

Mais n’empêche que ces célébrations me confrontent énormément. Je vois le standard d’excellence de l’équipe qui était et la médiocrité de l’équipe d’aujourd’hui. Et cette médiocrité dure depuis plus de 14 ans.

D’ailleurs Richard Labbé, journaliste sportif de La Presse, résume ce que j’en pense dans ces deux paragraphes :

… Car c’est bien ça, le problème avec la nostalgie. Ça masque la réalité. À force de voir tous ces grands du passé, on se met à espérer, à avoir des attentes irréalistes. Le Canadien aime bien nous faire croire, à l’aide d’un marketing savamment ciselé, que son passé est garant d’un avenir tout aussi glorieux.

Mais la réalité, c’est que le Canadien n’est plus qu’un autre club parmi les 30 clubs de la LNH. Et pas un très bon club, en plus. …

Bien honnêtement, je ne vois aucun signe encourageant qui indique que cela va changer bientôt non plus.

Cette année, Bob Gainey, sans doute un peu honteux de toutes les erreurs qu’il a commises avec son plan quinquennal, nous a monté une équipe toute rapiécée avec des joueurs venant d’un peu partout (un peu comme un Frankenstein, disons) et la chimie ne semble pas vouloir s’installer. Une autre preuve de son cruel manque d’évaluation juste du talent disponible chez les joueurs.

Ces célébrations qui n’en finissaient plus vont peut-être relancer des amateurs dans leur amour pour l’équipe mais pour combien de temps ? Un an, maximum ?

Autre texte qui dit exactement ce que je pense est celui-ci, signé par Jean-François Bégin, L’histoire sans fin. Extrait :

… De retraits de chandails en inaugurations de monuments, l’année du centenaire a été un interminable bain de nostalgie. Elle nous a permis de mesurer une fois de plus, comme si c’était nécessaire, l’attachement viscéral des Montréalais, des Québécois et de bien des Canadiens à leur club, rare point de convergence entre anglophones et francophones, entre jeunes et vieux, entre riches et pauvres.

Le problème, c’est qu’il y a un petit moment déjà que l’eau du bain s’est refroidie: on a beau se complaire dans les succès d’autrefois, vient un moment où la dure réalité du présent nous rattrape. Vient un moment où les chandails rétro, les coffrets DVD des plus grands matchs et les G-strings tatoués du logo du CH ne parviennent plus à nous distraire de la médiocrité dont se satisfait trop souvent l’équipe bâtie, débâtie et rebâtie par Bob Gainey.

C’est vrai, il était autrement plus facile de gagner à l’époque des six clubs. Sam Pollock, paix à son âme, ne serait peut-être plus capable aujourd’hui de réussir les tours de passe-passe dont il avait le secret. Mais quand même. Une équipe comme le Canadien ne devrait pas se satisfaire de surnager en milieu de classement – ou pire, comme c’est le cas présentement, de végéter en queue de peloton. …





Post mortem Canadien de Montréal

30 04 2009

Suite de ce que j’ai posté ici, il y a quelque temps

Hah ! Ils ont fait la première ronde des séries éliminatoires par la peau des fesses ! Et ils ont été, on ne peut plus promptement, éliminés par la suite : quatre matchs en quatre. Pas une seule partie gagnée contre les Bruins de Boston.

Le gardien de but Carey Price a été lamentable par moments. Le problème c’est que quand il a été pourri, aurait fallu qu’il se démarque un peu. Le restant de l’équipe (ok, à part Andrei Kostitsyn…) semblait vouloir se forcer et jouait avec, oh bonheur !, de la détermination et de la hargne mais Price n’était pas là pour les suivre. Et en plus, il s’est permis de réagir en prima donna lors du dernier match parce que les partisans en avaient royalement soupé de son jeu mou et plus qu’ordinaire. Je veux bien croire que le gars n’a que 21 ans, mais prima donna à 21 ans ? Holà !…

D’ailleurs, comment comprendre cet entêtement de Bob Gainey de l’avoir laissé dans les filets sans avoir donner une chance à Jarosalv Halak ? Halak est celui qui a permis à cette équipe de faire justement les éliminatoires par son jeu inspiré pendant les quelques matchs où il a finalement joué pendant la saison régulière.

Le hic, c’est que j’ai bien peur qu’on ait rien vu encore. Peut-être que nous serons appelés à revivre les années noires et misérables de l’ère de Réjean Houle lorsqu’il occupait le poste de DG.

Pourquoi ? À cause des agents libres sans restrictions qui faisaient partie de l’équipe cette année : il y en avait onze… Cela ne me surprendrait guère de voir la grande majorité de ceux-ci quittés les lieux au plus sacrant dès que le premier juillet arrivera, sûrement à leur grand soulagement, les pôvres…

Si ce n’est pas la grande majorité d’entre eux, ce sera la totalité de ces joueurs. Il était bien évident que cela ne leur plaisait pas du tout de jouer et habiter ici et leur jeu sur la patinoire reflétait cette réalité.

Les plus positifs d’entre nous vont dire : « Y en a pas de problème ! On va tout simplement faire signer un paquet d’agents libres cet été pour remplacer ceux qui quitteront vu que le budget va nous le permettre ! »

Bien non, justement. Cela ne se produira pas.

Si l’on réussit à en faire signer des agents libres, ce va être des laissés-pour-compte, des joueurs dont plus personne ne veut au travers la ligue. Depuis plus d’une décennie, la preuve est faite que les joueurs d’impact ne veulent plus venir jouer ici. La dernière preuve a été Mats Sundin, pas plus tard que l’été dernier : il a finalement préféré signer avec les Canucks de Vancouver au lieu de venir ici et ce, même si le DG Bob Gainey lui a fait la cour pendant de longues semaines et a tenté par tous les moyens de l’attirer ici. Il avait tout ce que l’on recherchait pourtant, un grand et gros joueur de centre qui joue dur et qui peut compter et faire de bonnes passes à ses ailiers. Gainey lui a promis la lune, semble-t-il. Il a signé pour moins de sous ailleurs. Oh grande misère !…

J’ai lu avec grand intérêt cet article de Richard Labbé, Ces joueurs qui ont peur de Montréal et je crois que son analyse cerne tout à fait bien le problème.

Avant, tout le monde voulait jouer à Montréal. C’était la meilleure organisation de la ligue, son état-major était le plus compétent et les entraîneurs derrière le banc de l’équipe était les meilleurs de la ligue. Depuis le congédiement de Serge Savard il y a près de 15 ans, cette distinction d’être la meilleure s’est envolée. Il y a eu un soubresaut, à mes yeux, lorsque André Savard a hérité du poste de DG, mais il perdu par du grenouillage de monsieur Bob (Gainey). On a cavalièrement traité André Savard au point où il a profité de la première occasion qui s’est présentée à lui pour déguerpir. Cet homme dégageait une forte compétence et on ne lui a même pas donné une chance de faire ses preuves : n’oublions pas qu’il avait hérité d’une équipe qui avait été complètement démolie par des choix complètement loufoques par l’équipe de Réjean Houle, qui était si incompétente que je suis sûre que le livre des Records Guiness en parlerait si il y avait une section des pires état-majors d’équipes de sport professionnel. Enfin…

Maintenant l’équipe dans la ligue qui semble être la plus convoitée par les joueurs est sans contredit les Red Wings de Détroit. Certains joueurs, dont le mercenaire Marian Hossa, sont près à accepter moins d’argent pour y jouer. Cybole ! Ici, on n’a pas vu ça depuis des lunes ! Au contraire, quand des agents libres ne sont pas satisfaits des équipes qui s’intéressent à eux pour des contrats, ils écoutent Montréal seulement pour faire monter les enchères chez les autres équipes. J’imagine qu’ils se disent que tant qu’à être « pogés » pour jouer ici, aussi bien aller chercher le maximum ailleurs. Genre, n’importe où sauf Montréal…

Ça fait drôle. Cela fait plus de quarante ans que je suis le Canadien à la télé (c’est bien simple, je n’ai pas le fric pour me payer des billets pour assister aux matchs). J’ai vu cette débandade arriver et le club a vite remplacé cette perte de l’excellence par des campagnes savantes de marketing pour cacher la réalité : à Montréal, on ne l’a tout simplement plus l’affaire pour avoir une équipe de hockey de premier plan année après année. Alors la pub fait croire aux partisans qui ont du fric à flamber que le produit, le spectacle sur la glace en vaut la peine.

Et à chaque année, ceux qui ont craché leur fric voient qu’ils ont été arnaqués. Ils huent l’équipe, vocifèrent, pestent mais quand vient le temps de renouveler leurs abonnements pour les billets de saison… ils disent oui tout de suite parce que la direction de l’équipe leur promet de l’amélioration pour l’an prochain et c’est devenu un automatisme, semble-t-il, ce jeu entre les deux parties. L’image que j’ai implique un abattoir et un long cortège docile de bêtes somme toute sympa, à bien y penser.

Jamais je n’aurais pensé que cette équipe n’irait aussi bas, pendant aussi longtemps avec rien à court ou moyen terme pour changer quoi que ce soit. Évidemment, moi je ne compte pas vraiment parce que je n’achète pas des billets. Seul les preneurs de loges corporatives et les payeurs de billets de saison dans les sièges rouges comptent réellement. Le reste, nous sommes tous des pièces interchangeables, semble-t-il…





Le Canadien de Montréal en cette année de son centenaire…

16 03 2009

Le Canadien de Montréal, mythique (bof ! pourquoi pas ?) équipe de la Ligue Nationale de Hockey, célèbre cette année son centenaire…

Au début de la saison, tous les espoirs étaient permis. Par rapport à l’an passé, le Canadien s’était sensiblement amélioré avec l’addition de Robert Lang, Alex Tanguay et Georges Laraque pour protéger les petits joueurs, petits joueurs qui s’étaient faits assez aisément intimider par les Flyers de Philadelphie au printemps dernier lors des éliminatoires de la division Est.

En effet, je m’imaginais que pour la première fois depuis un sapré bout de temps, je pourrais regarder mon équipe favorite faire la grande finale et qui sait, avec un peu de chance, avoir une réelle opportunité de remporter la coupe Stanley pour la première fois en seize ans ! Et tout ça pendant l’année du centenaire de l’équipe par surcroît ! L’attente n’aurait pu être plus douce !

Quand la saison a commencé, bien que l’équipe gagnait, le jeu d’ensemble me laissait sur mon appétit : des revirements à la tonne, du jeu pas inspiré du tout, un manque flagrant de cœur à l’ouvrage, un désintéressement quasi généralisé et un évident manque d’esprit d’équipe. Et comme on l’a tous vu, la vraie médiocrité de cette équipe dysfonctionnelle n’irait qu’en augmentant au fil de la saison.

Au lieu d’avoir les succès de l’équipe à cœur, au lieu de vouloir eux aussi embarquer dans l’ambiance du Centenaire de l’équipe en remerciant, par des victoires ou en affichant un tout petit peu de détermination sur la patinoire les amateurs de les avoir supportés durant des années, les joueurs ont performé les pieds bien pesants sur les freins tout au long de la saison jusqu’à date : ils n’aimaient pas la face de leur entraîneur-chef, ils avaient les idées ailleurs à cause de leurs contrats pour l’an prochain, les festivités reliées au Centenaire étaient trop exigeantes, etc., alors ils ont tout bonnement cessé de jouer plus le temps avançait. Au diable les amateurs : les joueurs nous ont fait preuve par quatre où étaient situées leur vraies priorités…

Je ne peux décrire jusqu’à quel point je suis déçue. J’affirme sans crainte de me tromper que les seuls laissés pour compte par cette affreuse débâcle ce sont les amateurs : les joueurs continueront de recevoir leurs juteux chèques de paie, la direction a encore un job pour avoir développé un “produit” surévalué/mal évalué et George Gillett va empocher encore des millions générés par sa principale vache à lait. Et nous, on se retrouve avec une équipe qui va perdre des joueurs qui étaient censés être de calibre pour amener l’équipe loin en séries éliminatoires et qui ne pourront jamais quitter assez vite une fois la saison terminée pour aller signer ailleurs, avec une autre équipe.

Les erreurs, de toute évidence, ne sont pas toutes commises par les joueurs. La direction, année après année et ce, depuis au moins seize ans, évalue mal l’équipe qu’elle construit, accorde de fabuleux contrats à des joueurs qui ne les méritent tout simplement pas et se débarrassent de ceux qui veulent rester et qui aiment la ville et ses amateurs. De plus, les repêchages de Trevor Timmins, vous y croyez, vous ? En s’entêtant à snober les joueurs du Québec, l’équipe accueille dans ses rangs des joueurs à qui il faut expliquer le Canadien de Montréal mais qui ne saisiront jamais l’envergure de son importance historique, sociale et culturelle. De plus, la direction est beaucoup plus soucieuse de vouloir faire croire à tout le monde l’Histoire de l’équipe mais finalement, les seuls qui la gobent cette Histoire, ce sont les amateurs purs et durs.

Je ne peux croire que des campagnes savantes de marketing vont leurrer encore bien longtemps le public. La publicité, les superbes affiches un peu partout, les breloques en vente chez Jean Coutu et les campagnes d’implication sociale de l’équipe pour se donner un visage de bon citoyen, c’est bien beau mais il y a un triste néant derrière ces écrans de fumée. J’ose croire que le jour où le Centre Bell se videra, que RDS cherchera désespérément des commanditaires pour la Soirée du Hockey et que l’équipe générera à nouveau l’indifférence du public ne sera pas si lointain. Et l’équipe au complet n’aura que ce qu’elle mérite : pour avoir berné le public avec un plan quinquennal qui a tout à fait l’air d’un pétard mouillé au bout du compte, pour réaliser pas mal sur le tard les erreurs et ne carburer que sur l’improvisation à l’heure actuelle, quelqu’un devra rendre des comptes.

En terminant ce long post, quelques impressions supplémentaires…

En apparence, la direction de l’équipe se préoccupe de ce que les joueurs disent au média, comment ils doivent s’habiller et se comporter. Alors que l’on ne cesse de dire partout dans la ligue que la pression est insoutenable à Montréal pour un joueur de hockey, en s’arrêtant sur des peccadilles du genre et en essayant de prévoir de possibles faux-pas, il me semble que la direction encadre pas mal serré les joueurs : n’ajoute-t-elle pas elle aussi à la dite pression ? Et au lieu d’essayer de contrer d’hypothétiques écarts de conduite, n’aurait-elle pas plutôt intérêt à veiller sur les activités hors glace de certains individus quand leurs performances sont nettement en-deçà des attentes ?

Les joueurs étaient bien soulagés, il me semble, de laisser Carbonneau prendre rapidement tout le blâme pour cette décevante saison. Facile de jeter la pierre à quelqu’un qui n’est pas là pour se défendre alors cela met en relief tout le jaunisme de certains joueurs. Un seul, d’après ce que j’ai vu, a dérogé à cette règle et a dit tout haut ce qui est évident pour nous tous : les joueurs n’ont pas fait ce pourquoi ils sont payés (et grassement en plus) de faire.

Ce joueur est Patrice Brisebois et je n’en reviens tout simplement pas de la classe de cet homme qui a été chassé de Montréal il y a quelques années par des écervelés qui profitaient de l’anonymat offert par les estrades du Centre Bell pour le chahuter. Alors, chapeau Patrice ! Tu es un homme de très grande valeur.

Bob Gainey a affirmé que certains aspects du jeu seraient à changer dorénavant : alors on change des concepts de jeu par des congés ? ou des entraînements de 30 minutes, maximum ? À moins que Bob ne constate tout à coup toutes les bourdes qu’il a commises dernièrement et qu’il se rend bien compte qu’il lui est impossible de stopper l’hémorragie ?

En ce qui concerne l’entraîneur de l’an prochain, si Bob Gainey n’est pas tout bonnement lui-même congédié au cours de l’été, je crois que l’on verra bel et bien l’unilingue anglophone Don Lever à la barre de l’équipe. Pourquoi ? Il est bien évident que la direction ne pourra signer tous les joueurs qui deviendront agents libres et il y aura des choix à faire… à moins que ces joueurs eux-mêmes ne signifient à la direction leur désir d’aller plutôt jouer ailleurs et au plus sacrant. Donc, l’amateur peut s’attendre à voir un paquet de promus des Bulldogs de Hamilton chausser les patins avec le chandail tricolore. Puisque Don Lever est le seul qui connaisse les joueurs de la filiale… Et si cela se concrétise, attendez-vous à une équipe assez ordinaire et pénible à regarder jouer la saison prochaine… encore une fois !

Je crois que l’erreur de Guy Carbonneau aura été de croire que tous les joueurs qu’il avait sous sa gouverne étaient animés du même professionalisme, du même désir de vaincre, du même courage et de la même détermination qui le poussaient à performer soir après soir quand il était lui-même joueur. Les temps ont changé et ces hommes d’affaires en patins, pour la plupart, n’en ont rien à foutre d’être redevables envers ceux qui paient leurs salaires, c’est-à-dire les amateurs. Ils me font penser à des mercenaires allant aux plus offrants une fois, oh ! grand soulagement, leur autonomie complète atteinte. Des Martin Brodeur qui acceptent moins que ce que le marché des agents libres pourrait leur apporter, par sentiment d’appartenance à leur équipe est chose extrêmement rare de nos jours. Alors pourquoi la direction du Canadien s’entête-t-elle à croire qu’elle peut créer chez les individus qu’elle sous la main un sentiment d’appartenance qui n’est qu’artificiel en fin de compte ?

Les amateurs du Canadien qui ont la chance d’assister en personne aux matchs locaux au Centre Bell ont commencé depuis quelques jours à laisser savoir vocalement leur insatisfaction et leur dégoût à cette équipe sans âme lors des matchs : l’assistance se permet maintenant de huer et de scander le nom de Carbo et c’est très bien ainsi. Il est temps que tout l’état-major sache que le temps de les niaiser est terminé. Quand on paie des sièges 200 $+ l’unité et ce, à chaque partie, pour un spectacle aussi désolant, que monsieur Gillett se compte chanceux que ces gens n’exigent pas tout simplement un remboursement immédiat ou que les spectateurs n’intentent pas un recours collectif pour fraude.

Il ne reste qu’une douzaine de matchs à jouer d’ici la fin de la saison et il est possible qu’un total revirement de situation se produise, que l’équipe se regroupe et se trouve une soudaine source d’inspiration pour leur donner un tant soit peu une allure de joueurs professionnels sur la glace. Mais franchement cela tiendrait plutôt du miracle ou encore de l’intervention divine que du sport. Le temps commence à manquer et comme c’est là, l’équipe ne sera pas des séries éliminatoires si le tapis continue de lui glisser sous les pieds…