Libérez-nous des langues de bois

J’ai vraiment aimé la soirée politique Libérez-nous des langues de bois organisée par le MSQ (Mouvement Souverainiste du Québec) au théâtre Plaza et je suis ressortie de là avec une pleine confiance dans l’avenir du Québec. Et aussi nous en avons profité pour signer la pétition exigeant le resserrement de la loi 101.

La soirée était grosso modo divisée en quatre parties :

  1. quelques numéros présentés par la relève québécoise : excellents monologues et deux pièces musicales de Minuit Moins Cinq dans leur hommage à Loco Locass
  2. présentation du Prix Pierre-Bougault au groupe Loco Locass par François Saint-Louis du MSQ, Bernard Landry et la veuve de Pierre Falardeau. Ce prix, existant depuis quatre ans, est décerné annuellement à la ou les personnalités faisant la promotion de l’indépendance du Québec. L’an passé c’était Tex Lecor, l’année d’avant Pierre Falardeau et la première année de son existence Bernard Landry
  3. discours de certains politiciens comme Pierre Curzi et Jean-Martin Aussant, la comédienne/auteure Catherine Dorion ainsi que d’autres jeunes de la relève
  4. PARTY !!!

Pour un compte rendu mieux documenté et écrit que ce que je vous livre ci-haut, jetez un coup d’œil sur cet article-ci.

Je dirais que la salle était composée de 20-25 % de gens de mon âge le restant étant des jeunes, ce qui m’a grandement étonnée et qui m’a fait du bien à l’âme. Moi qui pensait que les jeunes s’en fichaient éperdument du Québec, que tout ce qui comptait à leurs yeux c’était d’être ouverts sur la mondialisation, donc qu’il fallait parler anglais et essayer de cacher le plus possible ses origines parce que c’était un handicap honteux… Éh bien ! à ce que j’ai vu hier, ben non ! il y a des jeunes qui ont un profond amour du Québec et qui, bien qu’il veulent être citoyens du monde, sont capables de relativiser les choses et savent que ça prend tout d’abord une base solide d’attache dans sa patrie d’abord.

Un des participants a d’ailleurs dit par rapport à la mondialisation que le Québec veut être à l’ONU mais pas se faire représenter par quelqu’un qui est si loin de nos valeurs comme Harper. Et aussi que pour participer à la mondialisation, ça prend une personnalité de pays, une identité, une fierté.

Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est que ceux qui nous suivent apporte une nouvelle forme d’argumentation peut-être moins portée sur l’Histoire qui nous fait si mal à nous mais leurs arguments répondent aux questionnements d’aujourd’hui. Je pense que si nous, les plus vieux et les jeunes, apprenons à unir nos forces, nous serons une puissance formidable impossible à arrêter pour convaincre les réticents.

Ce que j’ai moins aimé… J’ai trouvé qu’à mots plus ou moins couverts, l’assemblée était pas mal à saveur péquiste, ce qui est une douche d’eau froide pour ceux d’entre nous qui rêvons à une coalition, une union des forces indépendantistes ou encore au Projet Papineau. Bernard Landry, qui était sur scène avec François Saint-Louis du MSQ ainsi que la veuve de Pierre Falardeau dont le nom m’échappe pour la remise du prix Pierre-Bourgault, a parlé de sa très grande crainte, qu’il n’avait jamais eu si peur depuis qu’il militait, ce qui reproduit presque mot pour mot sa réaction sur les tiraillements que l’on connait au sein du PQ et la précarité de Pauline Marois à la tête de ce parti.

Je pense que c’était Curzi qui a mentionné que lui croyait que la seule option viable pour l’indépendance était le PQ. Curzi que je n’ai pas aimé tellement aussi bizarre que ça puisse sembler. Oui, il a livré un discours passionné, enflammé, avec beaucoup d’énergie mais en arrière-pensée, je ne pouvais faire autrement que de me rappeler que l’homme est issu du milieu du théâtre, que toute cette passion venait de son entraînement de comédien et qu’il semblait essayer de reproduire l’image romantique qu’il avait en tête d’un tribun de la Rome antique. Donc, j’ai eu comme un malaise : j’étais capable de regarder froidement son discours sans complètement embarquée et ça, ça m’a énormément étonnée, parce que Curzi me plaisait beaucoup avant hier soir. Donc je ne crois pas qu’il ferait l’affaire comme chef du PQ, quelque chose en lui sonnerait faux, à mes yeux à tout le moins.

Aussant a livré un discours correct, sans grande passion mais avec une tranquille conviction dans ses propos. Est-ce que son style réservé et, disons, intellectuel plairait aux gens ? Il est encore, parait-il, en grande réflexion à savoir s’il se lancera ou non dans l’aventure de la création d’un autre parti. Fait à noter, à part Curzi qui était quelque peu mitigé, il n’y a aucune espèce de chaleur entre les péquistes et Aussant. Je n’ai pas vu Landry applaudir Aussant du tout. Landry n’a pas applaudit Curzi non plus d’ailleurs mais au moins il a passé une petite partie de la soirée en sa compagnie avant de se retirer au fond de la salle. Donc, j’ai vu comme un froid entre la vieille garde et ceux qui remettent en question la gérance actuelle du PQ.

À un moment donné on a vu Maka Kotto et une autre députée du PQ aller s’assoir près de Curzi en avant alors que la soirée était bien entamée. Mon cynisme a refait surface à ce moment me disant que c’est comme si Marois avait ordonné à ses troupes d’être le plus présent possible et partout à partir de maintenant vu que la rentrée se fera sous peu.

Je n’ai pas vu personne de Québec Solidaire. Peut-être y avait-il des militants de ce parti à la soirée mais aucune personnalité bien en vue comme Amir Khadir ou Françoise David. Aucune mention d’unification des forces indépendantistes de la part des ex-péquistes non plus, aucune main tendue pour une coalition ou une réflexion en ce sens non plus.

Alors que les jeunes m’ont tellement impressionnée, les vieux m’ont pas mal déçue à part Aussant qui, je crois, semble mal à l’aise en n’ayant aucun véhicule dans lequel rouler pour l’instant. Donc je me réserve du temps pour vraiment jauger Jean-Martin Aussant : je pense que tant qu’il ne sera pas clairement situé sur son avenir politique, il serait injuste de se faire une idée maintenant sur sa valeur de politicien et tenter de voir ce qu’il peut apporter à l’avancement de l’indépendance du Québec.

Fait à noter, nous avons quitté alors que les gens rangeaient les chaises sur les côtés de la salle pour laisser la place à la fête, Minuit Moins Cinq, extraordinaire groupe dans la lignée des Loco Locass, était pour faire swinger la salle.

Pour une liste complète des artistes et orateurs présents à cette soirée, voici l’affiche de la soirée Libérez-nous des langues de bois.

À propos macheadcase
J'aime les Macs, Mac OS X et la photographie. Mon compte SmugMug est ici : http://macheadcase.smugmug.com/

Les commentaires sont fermés.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.