Quand j'ai les bleus, bébé…

R.I.P. monsieur Genji

Il avait l’assurance des mâles sûrs d’eux, beau, confiant que son charme pourrait réduire en cendre toutes les résistances qu’il pouvait rencontrer sur son chemin. Il avait la possession des autres facile : sa sœur Piko qui devait se soumettre à ses rêves territoriaux et marcher au pas, et nous ses humains qui étions là pour répondre à tous ses besoins. Et rapidement à part ça. S’il n’avait pas été opéré, oh qu’il aurait eu son lot de prétendantes félines, le monsieur, elles auraient fait la file pour un instant avec lui !

La vie pour monsieur Genji n’a pas été facile. Juste pour se remémorer de toutes les énergies que nous lui avons consenties, nous avons dû le sauver d’une mort certaine à quatre ou cinq reprises. Minimum. Il était asthmatique, avait des allergies alimentaires et/ou le syndrome de l’intestin irritable, s’apparentant à la maladie de Crohn, il avait aussi un souffle au cœur. Des problèmes de constipation, de bouchon dans les intestins aussi en dernier. Chacun de ses problèmes de santé étaient pour nous une nouvelle aventure. Nous n’avions jamais rien vu de tel chez les autres chats qu’Adèle et moi avions eus auparavant dans nos vies jusqu’à présent.

Soit dit en passant, nous n’avons jamais gardé Genji, ni Piko, en vie au détriment de leur qualité de vie, nous ne sommes pas égoïstes à ce point. Pour nous, le facteur de qualité de vie a toujours été essentiel : aimer les félins c’est aussi aimer leur petit côté sauvage qu’ils ne réservent qu’à eux mêmes, leur élégance, leur flexibilité, leurs prouesses athlétiques. Anéantir toute cette beauté à coup de médicaments seulement pour étirer leur temps de vie pour notre propre plaisir nous semble inhumain, nous en sommes incapables. Donc malgré notre grande peine, nous avons toujours gardé en tête qu’il viendrait un temps où il faudrait faire un choix déchirant et que nous saurions reconnaitre cet instant même si un immense chagrin d’amour serait alors inévitable.

Pour son asthme, il avait l’habitude de s’abreuver dans les éviers alors au début nous pensions qu’il avait avalé de l’eau par le nez en buvant. Au bout de quelques mois, suite à un déménagement où les éviers ne lui étaient plus accessibles à cause de leurs formes, nous nous sommes aperçues qu’il continuait à s’étouffer ce qui a allumé une lumière rouge dans nos têtes. Nous nous sommes aussi rendues compte que ses lèvres, son nez et ses oreilles qui étaient roses, tournaient un peu au bleu/mauve quand il s’étouffait. Alors ce fut la panique ! Visite chez le vétérinaire, tests pour se faire dire qu’il était asthmatique. Pompes, une bleue et une orange à administrer au besoin. Pas facile de faire respirer un chat avec une pompe. Recherche sur Internet pour trouver le Aerokat et se le procurer à la clinique d’urgence vétérinaire DMV en toute vitesse.

Il faut dire que tout comme mademoiselle Piko, Genji était un doux. Jamais de coups de griffes ou de morsures ou même de séances de « crachage » : tous les deux nous faisaient grande confiance. La seule chose qui était drôle quand même, c’est que Genji retenait son souffle pour ne pas respirer les pompes qui lui sauvaient la vie. Alors fallait patienter puis au bout d’une minute il se remettait finalement à respirer dans le tube. Ouf !

Son asthme partait et venait, aucunement relié, à ce que nous pouvions voir, aux saisons. Mais quand une crise arrivait à brûle-pourpoint, sans avertissement, c’était le branle-bas de combat : courir après les pompes et le Aerokat (que nous laissions dans un point central de l’appartement pour un accès rapide et facile peu importe où la crise avait lieu) et lui administrer les médicaments en toute vitesse, nos cœurs battants d’espoir que tout irait bien et qu’il s’en tirerait encore cette fois.

Pour les allergies alimentaires/syndrome de l’intestin irritable de Genji, ça nous a pris aussi un certain temps et les vétérinaires… Ouf ! Quoi dire des vétérinaires ? Au tout début quand nous avons adopté Piko et Genji, les vétérinaires se servaient plus de leurs instincts pour les diagnostiques puis Deus sait ce qui s’est produit mais ils ont pris le virage de la médecine pour les humains et là ça fonctionne qu’à coup de tests plus souvent inutiles, comme s’ils s’amusaient à donner des coups d’épée dans l’eau voir si cela ne rapporterait pas un poisson.

Nous avions une vétérinaire qui les suivait depuis qu’ils habitaient avec nous et pour Genji cet été-là, elle nous a fait dépenser 2 000 $ en tests complètement non reliés entre eux, complètement loufoques, sans queue ni tête. Elle qui était si ouverte aux traitements alternatifs carburait maintenant à coups de radiographies, échographies, biopsies (que nous avons refusé parce que tout simplement trop pour notre doux monsieur Genji), etc. Alors nous avons questionné notre entourage, avons fait encore des recherches et nous avons trouvé un vet qu’on nous disait être « un vieux de la vieille ». Nous étions méfiantes mais bon c’est pas comme nous avions un paquet d’autres alternatives à piger dedans. Un rendez-vous, descriptions des troubles de santé de Genji, sans aucun test, il nous dirige vers une cause possible : allergies alimentaires et/ou syndrome de l’intestin irritable qui causerait(ent) ces diarrhées à répétitions. Nous changeons son alimentation pour une alimentation spécialisée et oh ! victoire ! Un rendez-vous de 65 $ et solution à un problème grave où un chat de 18 livres en était venu à peser que neuf livres et qui dépérissait à vue d’œil, au lieu de 2 000 $ de tests SANS aucune solution ou piste à suivre pour tenter trouver la source du problème.

Par rapport à ce changement chez les vétérinaires… Pour alléger son asthme, nous l’avons amené pour des traitements d’ostéopathie au cas où ses efforts de toux auraient causé un débalancement ou des déplacements dans son corps. Bien qu’il détestait le faire paraitre, Genji aimait beaucoup les douces manipulations et le soulagement que cela lui apportait : il ne démontrait pas un sale caractère lors des traitements, loin de là, seulement du bougonnement avec ses sourcils froncés comme le font les entêtés. Nous avions aussi pensé à des traitements d’acupuncture chez la vet Haltrecht. Les sessions d’acupuncture étaient comiques. On voyait Genji, avec des aiguilles partout sur le corps, ramper la bedaine par terre et aller se cacher derrière le divan dans son bureau. Une pelote d’aiguilles ambulante notre Genji ou un Hellraiser pour les goths romantiques. Bref, n’empêche pour ceux qui ne croit en la médecine alternative, c’est la docteure Haltrecht qui nous avait fait remarquer la gravité de ses crises d’asthme qui ne devaient pas être prise à la légère, chose que sa vet régulière à l’époque ne nous avait pas mentionné. Haltrecht lui avait aussi prescrit en plus de ses pompes, des herbes chinoises. Et sa condition s’était beaucoup améliorée de sorte que nos interventions par la suite étaient plus espacées puisque ses crises étaient plus rares. Nous avions eu aussi comme vétérinaire le formidable docteur Guindon, un homéopathe qui a créé les granules pour animaux (brevets maintenant vendus au laboratoire Boiron), un homme patient, doux, attentif qui est maintenant parti à sa retraite et dont la profession mourra probablement avec lui puisqu’à notre dernière visite, il était triste de nous dire qu’il ne voyait pas de remplaçants parmi les vétérinaires modernes, l’école vétérinaire ayant effectué un virage « médecine humaine ». Il était parti en Europe à un moment donné lors d’une pause de sa pratique vétérinaire régulière pour apprendre l’art de l’homéopathie qu’il voulait appliquer aux animaux parce que moins violente et invasive que les traitements médicaux usuels. D’où son immense tristesse, sa meurtrissure et son désarroi face au changement de cap de l’école vétérinaire, il déplorait qu’elle formait maintenant des machines à générer des dollars au lieu de vrais vétérinaires et notre expérience nous confirme qu’il disait vrai.

notre petit bonhomme Genji

Photo prise au matin du 6 septembre 2012. Qu’il était beau monsieur Genji !

Avant le rendez-vous pour l’euthanasie, jeudi le 6 septembre 2012 à 19:00 heures, l’après-midi était interminable et trop court à la fois. Une vie qui s’en va, quel instant grave, pesant, solennel. Je l’ai photographié parce que si jamais je viens qu’à oublier la couleur de sa fourrure ou de ses yeux, je veux pouvoir me rappeler, me dire « Ah oui ! C’est vrai ! Et il était tellement beau !… ». Je lui ai tenu compagnie sur le divan où il dormait et, stupéfaction, il m’a pris la main avec sa patte, un geste que sa sœur Piko faisait tout le temps quand elle était proche de nous mais que lui ne faisait jamais. J’ai pensé au vide qu’il y aurait dans l’appartement quand il n’y serait plus et mon cœur s’est brisé en un milliard de morceaux, chaque morceau avec sa propre douleur personnelle. Je sais que je serai bien quand ces morceaux un jour deviendront plus légers et iront rejoindre les étoiles. Mais ce sera pour plus tard. Présentement, je suis honorée d’avoir eu comme compagnons adorables et fidèles Genji et sa sœur Piko, d’avoir gagné leur confiance, d’avoir eu la chance de les observer, de rire, de m’être inquiétée pour eux, d’avoir fêté des petites victoires en leurs noms, d’avoir appris pour le futur, d’avoir eu ma vie immensément enrichie par leurs essentielles présences.

Le rituel de l’euthanasie (j’appelle ça un « rituel » parce qu’en mettant les pieds dans le tout petit bureau de notre vet pour l’acte, sachant l’immense finalité qui allait s’en suivre, je me suis violemment remémoré la journée de l’euthanasie de Piko quelques 18 mois auparavant et j’ai égoïstement considéré momentanément fuir, sortir, m’en aller dans la rue et ne plus revenir),le rituel donc s’est déroulé au début comme prévu, c’est à dire une injection pour l’endormir comme s’il allait se faire opérer, mais un sommeil dont il ne se réveillerait jamais… Mais par la suite les choses se sont quelque peu enrayés. Le vet a essayé d’injecter la potion létale dans une patte avant, puis dans l’autre. Notre beau Genji, qui dormait si profondément, sa pression était trop basse ce qui fait que quand le vet enlevait le tourniquet, le poison ne se faisait pas aspirer vers le cœur. Donc il a fallu qu’il injecte directement le cœur. Il nous a dit qu’à cause du sommeil, Genji n’éprouvait aucune souffrance. Une injection, le stéthoscope pour écouter le cœur. Genji avait cessé à un moment donné de respirer mais le vet entendait encore un faible battement de cœur ce qui a nécessité une deuxième injection. Puis son cœur s’est tu pour toujours. Notre garçon n’existait plus. Toute une époque venait de s’évaporer sous nos yeux puisque Piko et Genji nous les avions eus au tout début de notre relation, Adèle et moi. Le vide était assourdissant.

Une chose que le vet nous a dit et qui nous a fait voir probablement pourquoi le comportement de Genji ces derniers temps était si erratique. Lors de l’une des injections au cœur, le vet avec sa seringue a aspiré pour faire de la succion et un liquide est sorti. Il soupçonne que l’enveloppe du myocarde contenait du liquide, beaucoup de liquide (péricardite) et ça ce n’était vraiment pas un bon signe à son âge avancé et que ce n’était qu’une question de temps avant que les choses aillent vraiment mal à la maison pour notre brave garçon.

Donc, un petit conseil pour ceux qui ont des animaux de compagnie. Quand un animal qui a toujours été impeccable, propre, se met à uriner ou à déféquer là où il ne devrait pas le faire, il y a un problème, et dans le cas de nos deux félins, des problèmes graves de santé. Ce comportement qu’on trouve d’abord insultant, c’est leur bouton de panique, c’est leur façon de nous dire « Au secours ! Je ne vais pas bien du tout, là ! Aide-moi ! » parce qu’ils ne peuvent utiliser le langage pour nous le dire.

Ce soir-là après le vet, pour la première fois en près de 17 ans, j’avais tout mon côté du lit pour moi. J’aurais préféré et de loin, me lever avec des courbatures à force de m’être pliée durant mon sommeil aux exigences « territoriales et spatiales » de nos petits félins plutôt que d’avoir eu tout cet espace parce que soudainement mon côté du lit est devenu beaucoup trop grand.

Les jours seront peuplés d’un nombre incalculable de constatations de tous les gestes posés pour une co-habitation facile et sécuritaire avec nos petits félins. Le simple fait de reculer ma chaise avec un regard derrière de moi pour être certaine que je n’écraserai pas des pattes ou une queue, par exemple. La façon dont un vase est placé sur une tablette. Chacun de ces gestes sera un rappel de ce qui n’est plus. L’espace réservé au bac de litière, leurs bols de nourriture, leurs bols d’eau deviendront des vides qui nous rappelleront des moments de notre vie à quatre.

Je lui ai demandé toute la journée de ce 6 septembre de se rappeler de nous quand il le pourra et aussi de dire un beau bonjour et faire un tendre câlin à sa sœur Piko de notre part dans le ciel des chats. Parce qu’il faut bien s’accrocher à quelque chose de plus élevé qu’un chagrin qui semble inconsolable. Comme par exemple aux étoiles.

Nous aurons bientôt deux urnes contenant des cendres à être remises en liberté dans les Laurentides. Nous avons toujours celle de Piko mais nous n’avons jamais été capables de le faire avant. Maintenant que son frère aussi est parti la rejoindre, nous pensons que le temps est bon et propice d’ouvrir pour eux tout l’univers et son immensité…

Bon voyage petit, tout petit bonhomme. Nous ne t’oublierons jamais, une parcelle de toi a son coin au chaud dans nos cœurs. Et un merci infiniment respectueux.

Il s’en est passé des choses depuis ma dernière entrée de mots ici ! Entre autres, pour la première fois de ma vie, me voilà devenue membre d’un parti politique ! Et je vais comme je le peux dans des manifestations pour appuyer les étudiants dans leur grève qui dure depuis maintenant près de cinq mois, un fait sans précédent dans l’histoire du Québec.

La raison de cette grève en est fort simple : le perfide gouvernement du Parti libéral du Québec de Jean Charest veut hausser les frais de scolarité de plus de 75 % sur cinq ans. Aucun groupe social n’accepterait une telle hausse. Pensons à l’essence, le chauffage, l’électricité, une hausse, tiens, d’impôts de cette envergure et les citoyens seraient dans la rue en moins de deux. Pourtant Charest par ses agissements et ses vils mensonges, a réussi à faire monter l’opinion du citoyen ordinaire contre les étudiants avec son slogan la juste part pour couvrir les coûts de leur éducation au niveau supérieur qui ne cesse d’augmenter. Le citoyen ordinaire qui est amoureux fous de ses soirées chaussettes sur son sofa devant son écran de télé TVA/LCN. On voit par sa partisanerie que Charest n’est pas un véritable chef d’état.

Quoi de plus simple que de hausser le coût pour les étudiants au lieu de faire un contrôle plus serré des dépenses des recteurs d’université qui ont des salaires et des comptes de dépenses honteux ? C’est contre le mantra néolibéral de Charest et de ses sales ministres, le principe de l’utilisateur payeurNever mind que c’est de voir l’éducation comme on regarde une laitue au supermarché dans l’étalage des fruits et légumes, donc comme un produit de consommation, ce qui compte c’est que Charest ne doit pas déranger ceux qui sont dans sa propre classe sociale. Pas grave si les étudiants prennent des décennies pour rembourser leurs prêts étudiants (s’ils y ont droit !), pas grave non plus si l’achalandage dans les universités québécoises diminue chez les étudiants québécois, la baisse des inscriptions sera comblée tout simplement en acceptant plus d’étudiants étrangers, voilà, problème réglé.

Il est bien évident qu’au début dans leurs moyens de pression, les étudiants ont fait des coups d’éclat qui ont bousillé le train-train quotidien pépère des petits banlieusards bourgeois comme bloquer les ponts à l’entrée de la ville de Montréal. Connaissant les éternels bouchons de circulation de la ville, au lieu de voir des cônes oranges de construction/réparation de rues être la raison de leur tourment d’automobilistes, là ils voyaient des visages, des jeunes être la raison de leurs retards potentiels au travail. Oh la vache ! Donc, facile pour eux de faire de l’écume à la bouche à propos des étudiants.

Les étudiants ont aussi perturbé à quelques reprises le métro pour ceux qui prennent le transport en commun et qui ont un peu plus de conscience sociale et environnementale que les pollueurs automobilistes. Encore une fois, oh la vache ! Les maudits étudiants !

Accentuant leur moyens de pression, les étudiants ont commencé à faire des manifestations. Des mers de carrés rouges se sont mis à déferler dans les rues, surtout le soir. Les policiers du SPVM (Service de police de la ville de Montréal) ont montré un visage de plus en plus violent, sûrement avec l’approbation venant directement de Québec pour mâter ses sales étudiants morveux. Alors allez hop !, allègrement et généreusement l’intimidation, les coups de matraque qui brisent les os, le poivre de cayenne, les gaz chimiques irritants de contrôle de foule, les bombes assourdissantes, les balles de caoutchouc, les balles de plastiques, tirées avec des fusils à bout portant dans la marée humaine, y rien de trop beau pour laisser aller le côté animal sanguinaire d’un flic qui en a ras le bol de ses conditions de travail.

Pour ne pas ameuter toute la planète contre eux, le SPVM disait qu’il y avait de la violence toujours commencer par les mêmes individus, pointant parfois les Black Bloc comme responsables. Drôle quand même que s’ils savent qui sont ses individus violents, les casseurs, ils ne sont même pas foutus de les arrêter. J’ai vu des manifs où les étudiants entouraient les casseurs et les remettaient à la police pour les arrêter mais magiquement, on en entendait plus parler de ses casseurs. Des témoins ont d’ailleurs affirmer que les casseurs ne sont rien d’autre que des agents provocateurs issus de la police elle-même pour donner une raison en apparence légitime aux observateurs extérieurs de varger dans l’tas. Il y a eu comme par exemple ce gars de l’armée canadienne qui cherchait probablement à arrondir ses fins de mois en se prenant un contrat avec le SPVM pour les manifs. Il y a eu des témoins oculaires qui ont remarqué des casseurs masqués briser des vitrines et rentrer derrière les rangées de policiers anti-émeute sans même que ceux-ci ne les arrêtent ni même les touchent, certains même se parlant amicalement. Black Bloc, mets-en !

Parlant des Black Bloc, quelques manifestants ont témoigné avoir été sauvé par les Black Bloc quand ils ont été aspergé de poivre dans les yeux sans aucune raison ou avoir été matraqué par les anti-émeutes : alors pour ce qui est de les qualifier de groupe extrémiste, on repassera, han ? Sinon, faudra inclure en haut de la liste les anti-émeutes eux mêmes…

Donc, Charest voyant que de plus en plus de citoyens ordinaires, tannés de voir les étudiants se faire poivrer, éborgner, se faire casser les dentscasser le crâne, les côtes, etc., venaient de plus en plus nombreux appuyer le mouvement étudiant et qu’il perdait le contrôle, a pondu la lumineuse loi 78 (voir le titre de cette loi pour avoir un bref aperçu du cynisme de ce gouvernement Loi permettant aux étudiants de recevoir l’enseignement dispensé par les établissements de niveau postsecondaire qu’ils fréquentent), une loi perfide qui empêche non seulement les étudiants mais tout groupe de citoyens de plus de 50 personnes de manifester, entres autres choses.

À la tête d’un gouvernement majoritaire, un gouvernement despote a les coudées franches dans notre système politique au Québec pour faire absolument n’importe quoi qui lui tente sans aucune contrainte réelle. À moins qu’il y ait des outils à la disposition de l’opposition pour empêcher ce genre de débordement ou d’insanité mais que la dite opposition péquiste manque soit de courage politique (ce qui ne me surprendrait guère avec Pauline Marois), soit de connaissance de ce qu’elle peut réellement faire pour mettre des bâtons dans les roues. D’ailleurs à ce sujet, je ne puis croire qu’il n’y ait pas des mécanismes pour faire sauter un gouvernement qui est aussi corrompu et vil que le PLQ mais ça ce sera pour une autre fois…

Pour souligner le cynisme honteux, l’arrogance de ce gouvernement, on pourrait noter comme exemple les expressions tendrement chéries par Charest lui-même, affirmant sans sourciller que sa porte a toujours été ouverte pour des négociations (alors que son gouvernement a attendu jusqu’à la dixième semaine de conflit pour faire une offre bidon aux étudiants, dont lui et sa ministre d’alors, Line Beauchamp, se targuaient en conférence de presse suivant les rondes de négociations de ne pas avoir fléchi d’un pouce face aux étudiants dans l’offre proposée. Veuillez noter aussi qu’il n’y a eu qu’une seule autre ronde de négo suite à celle-ci qui s’est terminée par le gouvernement quittant la table… alors pour la porte toujours ouverte, pfffftttt !), que le petit carré rouge porté par le mouvement étudiant et par bon nombre de citoyens ordinaires sympathiques à leur cause est synonyme de violence et d’intimidation alors que la violence vient de son camp à lui mais ça, ce serait difficile à prouver quand les médias traditionnels ne montrent que la version du gouvernement n’est-ce pas ? Il y a tellement d’autres exemples que je pourrais mettre en mots mais je me retrouverais avec un roman et non un simple billet de blogue…

Logo Option nationale

Donc comme je disais pour la première fois, je suis membre d’un parti politique, Option nationale, un parti indépendantiste dirigé par Jean-Martin Aussant.

Ce qui m’a accrochée c’est le programme, le message qui est clair et direct ce qui est tout en contraste avec les langues de bois des vieux partis comme le PLQ de Charest et le PQ de Pauline Marois. Mme Marois semble beaucoup plus soucieuse de son image, des sondages et des calculs politiques que de simplement dire vrai sans bullshit. Pas facile de partir un nouveau parti politique surtout maintenant avec la concentration des médias au Québec (j’ai vu à cet effet de vieilles stats qui disaient que plus de 90 % de la presse fait partie d’empires médiatiques comme Québecor, Transcontinental ou encore Gesca). Mais malgré le manque de couverture dans les journaux et la télé, Option nationale a quand même réussi à rallier 2 300 membres sous sa bannière surtout grâce aux médias sociaux et du bouche à oreille et ce, en très peu de temps puisque Option nationale a vu le jour seulement en décembre 2011.

J’ai assisté au congrès de fondation en février 2012 à Bécancour, à quelques rencontres dont une assemblée générale pour la section Montréal, une soirée de financement à la Brasserie des Patriotes, l’investiture de Jean-Martin Aussant pour Option nationale le 28 avril, 2012, j’ai marché avec le contingent d’Option nationale aux manifs étudiantes du 22 mars, 22 avril, 22 mai et à chaque fois je n’en reviens tout simplement pas de la beauté de ces gens-là, personne pour te faire sentir niaise de ne pas connaitre tout en politique bien au contraire des gens qui sont heureux de partager leur connaissance, leur émotions, leur enthousiasme. J’ai le sentiment d’assister à la naissance, de faire partie de quelque chose de beau, de tout neuf. Quelque chose de vrai, de frais, de nouveau. On a faim au Québec de se faire dire les vraies choses, on en a soupé des formules toutes faites d’avance qui ne veulent rien dire, des chapelets de mots vides des politiciens, de politiciens qui ont peur de leur ombre en surveillant les sondages pour savoir quoi faire, quoi dire et comment diriger. Option nationale n’est rien de tout ça. En plus, Jean-Martin Aussant sait se faire charmant. Il est même passé à Infoman !

Alors on se rejoint par les réseaux sociaux, on se passe le mot pour savoir le prochain événement, la dernière vidéo mise en ligne, le dernier projet de loi déposé par Jean-Martin Aussant à l’Assemblée nationale comme le projet de loi 594, le projet de loi 596, le projet de loi casseroles 597 et le projet de loi 599. Pas mal pantoute pour un gars seul dans un parti tout jeune, travaillant avec peu de moyens comparé aux partis plus vieux comme le PQ, le richissime PLQ et même Québec solidaire qui est backé par le monde syndical et les regroupements sociaux.

Ce qui m’amène à parler de l’attitude des militants des autres partis sur les réseaux sociaux par rapport à Option nationale, tout particulièrement des péquistes. Première constatation, ils ont hérité de l’agressivité de leur cheuf, Pauline. Tout le monde aura remarqué les scènes disgracieuses de cours d’école de ti-culs, les empoignades/engueulades quotidiennes entre elle et Charest. Avez-vous remarqué que Charest ne s’obstine jamais tout seul, il s’engueule à cœur joie avec Marois. Ils me font penser, ces deux-là à l’effet miroir : ils se ressemblent trop ces deux-là d’où les coups bas verbaux que l’on entend ou voit lors des périodes de questions à l’AssNat. Quelqu’un d’agressif ne peut s’engueuler avec quelqu’un qui est doux, c’est évident. Charest a trouvé un adversaire à sa (dé)mesure en la personne de Pauline. Ça se répond du tac au tac, toi chose et enweille par là ! Pas de jeux d’esprit pour mettre en boîte de la part de Pauline, non, c’est du tu me donnes un claque sur la gueule, je te redonne ta claque. Édifiant. Jour après jour après crisse de jours, des trucs navrants du genre. Donc une bonne part de ses militants péquistes ont adopté son ton belliqueux et ceux-ci vont ouvertement au combat contre les membres d’Option nationale.

Une parenthèse ici au sujet de l’impopularité de Pauline (image provenant de cet article) et de son PQ. Les sondages montrent que malgré toutes les magouilles, la corruption (dépêchez-vous de télécharger le document sur ce site, beaucoup de preuves contre Charest et ses acolytes disparaissent magiquement comme la vidéo de l’émission Enquête de Radio-Canada qui soulignait le rapprochement entre la firme d’ingénierie Roche et Charest) de ce gouvernement libéral et le taux record d’insatisfaction vis-à-vis de ce gouvernement qui dépasse les 70 %, le PQ ne peut profiter de la situation pour s’échapper dans la faveur de l’électorat.

Certains seraient sûrement tentés d’expliquer ce fait par une baisse dans le désir de faire la souveraineté du Québec mais rien n’est moins vrai : la menace sur le plan de l’environnement, de la justice, des coupures de dépenses au profit de l’armée guerrière, du musèlement de la presse, du droit à l’expression du gouvernement Harper au niveau fédéral avec ses principes qui ne peuvent être plus à l’opposé de ceux du Québec font en sorte qu’on voit une remontée pour l’indépendance, pour se dissocier une fois pour toutes de ce Canada qui ne veut rien dire comme un voisin qui ne nous intéresse absolument pas. Alors malgré cette remontée dans le désir de l’indépendance (qui se situe en haut des 45 % aux dernières nouvelles) pourquoi est-ce que le PQ ne grimpe pas en flèche dans les sondages ? Il y a un grand grand malaise chez l’électorat pour Marois, elle ne passe tout simplement pas. Son taux d’appréciation dans les sondages n’a jamais monté plus haut que les 30-32 % malgré les déboires des libéraux, leurs scandales à répétition avec la mafia, les pots-de-vin, les retours d’ascenseur pour les donateurs au parti, etc.

Jean-Martin Aussant nous arrive de la vague de démissions (Lisette Lapointe, Pierre Curzi, Louise Beaudoin, pour ne nommer que ceux-là) qu’a connu le PQ l’an dernier. On reprochait à Marois son intransigeance, la ligne de parti mis en place pour l’affaire de l’amphithéâtre de Pierre Karl Péladeau de l’empire Québecor et de Régis Labeaume maire de la ville de Québec. L’affaire, connue sous la loi 204, avait fait un bruit de tonnerre. Le PQ, par pur calcul politique afin de se regagner la faveur des électeurs de la ville de Québec qui l’a abandonné pour l’ADQ maintenant connue comme la CAQ (riez pas !), avait vu d’un bon œil l’appui ce honteux projet de loi des libéraux. Ceux dans le PQ qui n’étaient pas d’accord avec cette loi, c’était vu imposer la ligne de parti. Le PQ, avec l’exode des démissionnaires qui s’en est suivi, avait pratiquement implosé. Marois s’est accrochée aux commandes et elle est encore là un an plus tard à la tête d’un parti qui est vieux, usé, qui n’innove plus tout comme le PLQ d’ailleurs.

Des rumeurs de plus en plus persistentes parlent d’élections bientôt. Les péquistes sont en mode panique, cela m’est clair. D’un côté ils nous agressent pour oser adhérer à un parti indépendantiste autre que le leur, de l’autre ils tentent de nous faire croire que le seul parti qui est viable est le leur donc, que l’on divise le vote souverainiste, que l’on se doit de voter PQ aux prochaines élections. Moi je dirais que leur commando qui attaque les autres partis rend leur cause tellement plus sympathique, attachante n’est-ce pas ? J’ai vraiment le goût de les aider à gagner le pouvoir. NOT !

D’autant plus que dans leur message où ils tentent de nous culpabiliser ou nous faire peur que l’on va faire rentrer Charest pour un autre cinq ans et que ce sera notre seule et unique faute, ça me rappelle les tactiques des fédéralistes lors des référendums de 1980 et 1995 en nous faisant des peurs au niveau de l’économie. Du pareil au même, donc cheap shot les gars que vous reprochiez aux autres y a pas si longtemps. Pas fort du côté de l’auto-analyse à ce que je vois… À croire que c’est dans l’ADN de leur parti, ce c’est la faute des autres.

Et moi ça me pue au nez le vote stratégique. Je me rappelle des péquistes qui en mai 2011 ont fait toute une campagne de salissage contre Amir Khadir, le co-porte parole de Québec solidaire, qui avait encouragé ses membres de voter pour le Nouveau Parti Démocratique de feu Jack Layton aux élections fédérales. Ils lui reprochaient son vote stratégique pour avoir presque annihilé le Bloc québécois qui a été emporté par la vague orange. Donc, il me semble que ce qui est bon pour pitou devrait être bon pour minou. Si Khadir a mal fait avec son vote stratégique, maintenant pour donner un coup de pouce pour que le PQ accède au pouvoir, le vote stratégique est acceptable ? Hmmm…

Nous sommes dans une crise où le droit de parole, le droit d’opinion est grandement étouffé. Se faire dire comment voter l’est tout autant. Bref, pourquoi doit-on, nous les indépendantistes des autres partis, assumer l’erreur que les péquistes ont fait, c’est-à-dire de ne pas avoir osé faire leur ménage quand ils en ont eu l’opportunité l’an passé ?

Donc, puisque l’intimidation des péquistes ne fonctionne pas pour se rallier la faveur des indépendantistes et que leur peur de voir le pouvoir leur échapper est bien réel, il est question de plus en plus d’une coalition des partis progressistes pour contrer Charest aux prochaines élections. À ce propos, Pierre Curzi a publié un vibrant appel à la coalition qui me laisse un peu de glace quand même parce que je crains autant Marois que Charest, faut bien que je le dise. Un appel que Marois a vivement rejeté la journée même de la publication, dois-je souligner.

D’autant plus que ces désirs de coalition entre les partis dits progressistes (à mes yeux, le PQ ça fait un bail qu’il a cessé d’être justement un parti progressiste d’ailleurs, depuis Lulu Bouchard en 1996, le PQ a pris un sérieux virage à droite mais bon si cela leur fait du bien et que cela les sécurise de se dire progressistes, veux bien moi) pourquoi est-ce que les membres des autres partis doivent porter l’odieux de leur inaction de l’an dernier, où ils auraient dû faire le ménage dans le leadership puisque Marois ne plait pas du tout ? La coalition se ferait comment ? Connaissant l’appétit de pouvoir de Marois, son intransigeance et la grosseur de son égo, quelle sortes de miettes restera-t’il pour les autres vrais partis neufs qui sont interpelés pour sauver la peau du PQ ?

Tout ça bien sûr est dû à notre système politique qui a besoin d’un sérieux coup d’époussetoir. Heureusement Jean-Martin Aussant veut le changer avec son projet de loi 596 pour qu’on évite l’éternelle jeu de chaise musicale du système bipartite, projet de loi qui va sûrement être torpillé par le PLQ et la CAQ mais bon il aura essayé au moins de faire sa part pour brasser la cabane. Je mentionnerais ici en passant que le PQ a cette réforme sur une tablette depuis plus de 40 ans mais par manque de courage politique, ben c’est encore sur la tablette juste à côté de la déchiqueteuse…

Aussi, une autre question fondamentale pour moi : pourquoi devrais-je mettre de côté mes convictions et mes valeurs pour voter pour un parti qui a perdu les siennes depuis longtemps ?

J’ai vraiment aimé la soirée politique Libérez-nous des langues de bois organisée par le MSQ (Mouvement Souverainiste du Québec) au théâtre Plaza et je suis ressortie de là avec une pleine confiance dans l’avenir du Québec. Et aussi nous en avons profité pour signer la pétition exigeant le resserrement de la loi 101.

La soirée était grosso modo divisée en quatre parties :

  1. quelques numéros présentés par la relève québécoise : excellents monologues et deux pièces musicales de Minuit Moins Cinq dans leur hommage à Loco Locass
  2. présentation du Prix Pierre-Bougault au groupe Loco Locass par François Saint-Louis du MSQ, Bernard Landry et la veuve de Pierre Falardeau. Ce prix, existant depuis quatre ans, est décerné annuellement à la ou les personnalités faisant la promotion de l’indépendance du Québec. L’an passé c’était Tex Lecor, l’année d’avant Pierre Falardeau et la première année de son existence Bernard Landry
  3. discours de certains politiciens comme Pierre Curzi et Jean-Martin Aussant, la comédienne/auteure Catherine Dorion ainsi que d’autres jeunes de la relève
  4. PARTY !!!

Pour un compte rendu mieux documenté et écrit que ce que je vous livre ci-haut, jetez un coup d’œil sur cet article-ci.

Je dirais que la salle était composée de 20-25 % de gens de mon âge le restant étant des jeunes, ce qui m’a grandement étonnée et qui m’a fait du bien à l’âme. Moi qui pensait que les jeunes s’en fichaient éperdument du Québec, que tout ce qui comptait à leurs yeux c’était d’être ouverts sur la mondialisation, donc qu’il fallait parler anglais et essayer de cacher le plus possible ses origines parce que c’était un handicap honteux… Éh bien ! à ce que j’ai vu hier, ben non ! il y a des jeunes qui ont un profond amour du Québec et qui, bien qu’il veulent être citoyens du monde, sont capables de relativiser les choses et savent que ça prend tout d’abord une base solide d’attache dans sa patrie d’abord.

Un des participants a d’ailleurs dit par rapport à la mondialisation que le Québec veut être à l’ONU mais pas se faire représenter par quelqu’un qui est si loin de nos valeurs comme Harper. Et aussi que pour participer à la mondialisation, ça prend une personnalité de pays, une identité, une fierté.

Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est que ceux qui nous suivent apporte une nouvelle forme d’argumentation peut-être moins portée sur l’Histoire qui nous fait si mal à nous mais leurs arguments répondent aux questionnements d’aujourd’hui. Je pense que si nous, les plus vieux et les jeunes, apprenons à unir nos forces, nous serons une puissance formidable impossible à arrêter pour convaincre les réticents.

Ce que j’ai moins aimé… J’ai trouvé qu’à mots plus ou moins couverts, l’assemblée était pas mal à saveur péquiste, ce qui est une douche d’eau froide pour ceux d’entre nous qui rêvons à une coalition, une union des forces indépendantistes ou encore au Projet Papineau. Bernard Landry, qui était sur scène avec François Saint-Louis du MSQ ainsi que la veuve de Pierre Falardeau dont le nom m’échappe pour la remise du prix Pierre-Bourgault, a parlé de sa très grande crainte, qu’il n’avait jamais eu si peur depuis qu’il militait, ce qui reproduit presque mot pour mot sa réaction sur les tiraillements que l’on connait au sein du PQ et la précarité de Pauline Marois à la tête de ce parti.

Je pense que c’était Curzi qui a mentionné que lui croyait que la seule option viable pour l’indépendance était le PQ. Curzi que je n’ai pas aimé tellement aussi bizarre que ça puisse sembler. Oui, il a livré un discours passionné, enflammé, avec beaucoup d’énergie mais en arrière-pensée, je ne pouvais faire autrement que de me rappeler que l’homme est issu du milieu du théâtre, que toute cette passion venait de son entraînement de comédien et qu’il semblait essayer de reproduire l’image romantique qu’il avait en tête d’un tribun de la Rome antique. Donc, j’ai eu comme un malaise : j’étais capable de regarder froidement son discours sans complètement embarquée et ça, ça m’a énormément étonnée, parce que Curzi me plaisait beaucoup avant hier soir. Donc je ne crois pas qu’il ferait l’affaire comme chef du PQ, quelque chose en lui sonnerait faux, à mes yeux à tout le moins.

Aussant a livré un discours correct, sans grande passion mais avec une tranquille conviction dans ses propos. Est-ce que son style réservé et, disons, intellectuel plairait aux gens ? Il est encore, parait-il, en grande réflexion à savoir s’il se lancera ou non dans l’aventure de la création d’un autre parti. Fait à noter, à part Curzi qui était quelque peu mitigé, il n’y a aucune espèce de chaleur entre les péquistes et Aussant. Je n’ai pas vu Landry applaudir Aussant du tout. Landry n’a pas applaudit Curzi non plus d’ailleurs mais au moins il a passé une petite partie de la soirée en sa compagnie avant de se retirer au fond de la salle. Donc, j’ai vu comme un froid entre la vieille garde et ceux qui remettent en question la gérance actuelle du PQ.

À un moment donné on a vu Maka Kotto et une autre députée du PQ aller s’assoir près de Curzi en avant alors que la soirée était bien entamée. Mon cynisme a refait surface à ce moment me disant que c’est comme si Marois avait ordonné à ses troupes d’être le plus présent possible et partout à partir de maintenant vu que la rentrée se fera sous peu.

Je n’ai pas vu personne de Québec Solidaire. Peut-être y avait-il des militants de ce parti à la soirée mais aucune personnalité bien en vue comme Amir Khadir ou Françoise David. Aucune mention d’unification des forces indépendantistes de la part des ex-péquistes non plus, aucune main tendue pour une coalition ou une réflexion en ce sens non plus.

Alors que les jeunes m’ont tellement impressionnée, les vieux m’ont pas mal déçue à part Aussant qui, je crois, semble mal à l’aise en n’ayant aucun véhicule dans lequel rouler pour l’instant. Donc je me réserve du temps pour vraiment jauger Jean-Martin Aussant : je pense que tant qu’il ne sera pas clairement situé sur son avenir politique, il serait injuste de se faire une idée maintenant sur sa valeur de politicien et tenter de voir ce qu’il peut apporter à l’avancement de l’indépendance du Québec.

Fait à noter, nous avons quitté alors que les gens rangeaient les chaises sur les côtés de la salle pour laisser la place à la fête, Minuit Moins Cinq, extraordinaire groupe dans la lignée des Loco Locass, était pour faire swinger la salle.

Pour une liste complète des artistes et orateurs présents à cette soirée, voici l’affiche de la soirée Libérez-nous des langues de bois.

Guy Turcotte

Comme bien des gens hier j’ai été bouleversée par la conclusion du procès de Guy Turcotte : je n’en veux pas au jury, ces personnes n’ont fait que leur devoir dans un contexte difficile, fort probablement perdant d’avance. D’emblée, j’admet que Turcotte ait été enfermé ou non à perpétuité, ses deux enfants, assassinés de ses propres mains, ne reverront jamais le jour et s’en est fait pour leurs vies. Là où j’ai de la difficulté c’est que ce gars-là ait le droit de déambuler sur la rue comme n’importe quel être humain « normal » dans 45 jours, si les psychiatres en décident ainsi. C’est qu’il risque de pratiquer sa job de cardiologue comme si de rien était si le Collège des Médecins lui donne l’absolution. Qu’il se remarie et refasse des enfants à un moment donné sans qu’il n’ait eu d’encadrement, de sérieuses prises de conscience dirigées par quelqu’un de compétent en la matière pour qu’il ne récidive plus.

Turcotte pour moi n’est pas différent du gars qui tue son bambin en le secouant violemment parce que celui-ci l’empêche de regarder son match de hockey à la télé parce qu’il pleurniche. Il n’est pas différent pour moi du gars qui bat sa femme, sa blonde et ses enfants, si c’est la cas, pour les garder au pas, parce qu’en tant que « leader » de son clan, ceux-ci font partie de son cheptel comme du bétail.

Turcotte a agi par vengeance, par jalousie, pour donner une leçon et qu’exterminer le seul lien qu’il lui restait encore avec son ex-femme, leurs enfants, était sa façon ultime de lui infliger une raclée dont elle ne se remettra peut-être pas. Il a agi aussi avec préméditation : qu’il ait fait des recherches sur l’Internet pour des méthodes de suicide le prouve. Qu’il ait vérifié ses assurances montre qu’il avait les idées claires.

Ce qui me déçoit aussi c’est l’idée chez certains d’entre nous que « Justice » fut rendue. Ça me fait bien rire parce que le concept de « Justice », c’est une notion judéo-chrétienne comme quoi l’être humain ne souffrirait pas en vain, qu’il y a quelque chose au bout du long chemin de la vie qui va égaliser les choses et faire que les perdants dans la vie sur Terre seront gagnants dans l’au-delà.

Donc, je fais une distinction énorme entre « Justice » et le Droit ou plutôt la « Chose légale ». Tout ce cadre juridique a été inventé pour combler les lacunes chez certains individus où la moralité est déficiente, pour qui vivre en société ne veut rien dire et où seul la loi du plus fort est le seul point de repère. Et la « Chose légale » existe aussi pour protéger les biens matériels des mieux nantis. La « Chose légale » n’est en somme que des balises qui changent comme évolue la société mais parfois ces changements s’opèrent nettement plus lentement que la mutation de la société. Et faut se demander aussi : les lois sont écrites par qui et pour quoi ? Sont-elles là pour tous, au même niveau, sans distinction de classes ou non ? Je ne le crois pas et ce procès en est une autre preuve pour moi.

Donc la « Chose légale » n’est qu’un cadre, un contrat de société, rien de plus et beaucoup d’entre nous, incluant les avocats et les juristes eux-mêmes l’oublient. Là où ça devient navrant c’est quand il y a finasserie, de la ruse calculée, quand des individus essaient quand même de faire des cochonneries tout en espérant s’en sauver, ne pas se faire pincer par la Loi, en jouant au plus fin renard. Il y a ruse aussi de la part des avocats qui essaient de « sauver » leur clients même si ceux-ci sont coupables, sans que ces derniers aient à se conformer, à respecter leur contrat de société et à réparer leurs « erreurs ». Les mots dont les avocats se servent ont été imprimés sur du papier : donc ces objets à deux dimensions deviennent tri-dimensionnels presque pour trouver des échappatoires en y appliquant une forme de logique qui n’a absolument rien à voir avec la vraie vie de tous les jours, une grille d’analyse cérébrale de la vie et des faits dénuée de cœur. Les procès deviennent des pièces de théâtre terribles comme dans ce cas-ci. Facile de donner des directives à son client « regarde par terre, ait l’air d’un gars déprimé, qui manque de confiance en soi, confus, etc. » pour le rendre plus sympathique aux yeux des jurés et du juge. Et faut se le dire sans détour, ses revenus de cardiologue lui ont permis de se payer des avocats que peu d’entre nous auraient pu le faire.

Comment peut-on être outré que quelqu’un comme Vincent Lacroix ne servent que 16 mois en prison (quand après tout il n’a fait que voler du papier imprimé, de l’argent donc) mais qu’on soit d’accord que Guy Turcotte soit libre comme l’air pour avoir tué deux êtres sans défense, ses propres enfants qui avaient confiance en lui pourtant ?

J’ai lu ici et là qu’il devra vivre avec le regard des autres pour le restant de sa vie. Excusez mais celle-là je la trouve déjantée. Premièrement de façon concrète, les médecins entre eux se connaissent tous ou à peu près comme les avocats, les juges, les politiciens. Ils font partie, qu’on veuille l’admettre ou non, de l’élite de la société qui ont droit à des traitements spéciaux de la part de la plèbe, de la société en général. Donc, comme je le disais, les médecins se connaissent entre eux, alors pour Turcotte si le regard des autres pèse trop, il pourra avoir recours à la chirurgie plastique s’il le veut (il doit sûrement en connaitre des bons chirurgiens plastiques), il pourra même légalement changer son identité si c’est son désir.

S’il avait été fermier comme Robert Latimer, aurait-il eu un même verdict aussi léger, sans profonde conséquence ? Je tombe dans la supposition ici mais si je regarde uniquement la conclusion des deux procès, je me pose de sérieuses questions sur la « Chose légale ». Latimer, qui a agi par compassion, qui a fait 10 ans en tôle pour son geste et qui doit porter pour le restant de ses jours un bracelet GPS à sa cheville pour que les autorités sachent à tout instant de la journée où il se trouve, et Turcotte qui, si les psychiatres ne le trouvent pas dangereux pour la société et/ou pour lui-même pourrait se promener sur la rue dans 45 jours maximum et qui a tué ses enfants par vengeance, je me retrouve devant quelque chose pas mal clopin-clopant au niveau de la moralité donc la « Chose légale » ne remplie pas son rôle d’encadrement des délinquants parmi nous.

Et je vous fais grâce des commentaires sexistes qui commencent à fuser de part et d’autre depuis hier, que ce n’est pas la faute à Guy Turcotte mais à son ex, etc. À croire que le monde n’a pas évolué depuis les années 1950 au Québec.

Comme disait ironiquement le personnage de Dick le boucher dans la pièce de Shakespeare « Henry The Sixth » (deuxième partie, acte 4, scène 2), je cite tout aussi ironiquement :
« The first thing we do, let’s kill all the lawyers. »

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Ajout 07/07/2011

À lire un excellent commentaire de Simon Lapierre, professeur adjoint à l’École de service social de l’Université d’Ottawa : Procès de Guy Turcotte – Oser nommer la violence

Aussi pour ceux qui doutent des capacités mentales de Guy Turcotte, Correspondance ratée

Et enfin l’opinion de l’ex-juge Andrée Ruffo sur cette affaire.

R.I.P. petite Piko

Donc nous avions un rendez-vous avec le vétérinaire, jeudi le 24 mars 2011 à 11 heures 30. Sa femme, qui est aussi sa secrétaire/réceptionniste, nous a appelé en matinée pour nous demander si cela nous dérangeait de reporter le rendez-vous jusqu’à 17 heures 30 pour cause de maladie. Nous avons accepté et nous avons hérité de quelques heures supplémentaires avec Piko pour lui dire adieu et l’envelopper dans l’amour et la tendresse que nous avons encore et aurons toujours pour elle.

Une maladie insidieuse et sournoise comme le cancer travaille d’une bien drôle et cynique façon. La victime connait de hauts et des bas au fil des jours, son entourage étant à la merci de ces instants de soleil ou d’orages. Et c’est bien maudit mais en ce jeudi matin Piko était dans une de ses bonnes journées. Même que je dirais qu’elle était dans une super journée. Elle faisait des trucs qu’elle n’avait pas eu la force ou l’envie de faire depuis des mois.

Alors ? Alors le doute s’est installé dans ma tête. Je me disais peut-être que l’on était sur le point de faire une grave erreur…

Donc nous en avons discuté entre nous avant le rendez-vous et nous avons convenu de demander au vet s’il y avait une infime chance que ce soit une infection qui aurait eu un mors-au-dent diabolique, qui aurait pris une ampleur disproportionnée et sans limites. Je ne voulais pas acquiescer à une finalité aussi tranchée si cela pouvait être autre chose de guérissable. En fait, j’étais terrifiée à l’idée que je pourrais faire une gaffe irréversible dans le cas de Piko, gaffe qui me hanterait pour le reste de mes jours.

À l’heure venue, nous avons posé la question au vet avant quoi que ce soit ne débute. Et il nous a dit pourquoi il était certain de son diagnostic. Son explication m’a rappelé tous les problèmes qu’elle éprouvait, tous les regards de souffrance qu’elle avait dans ses yeux à certains moments et c’était évident que ce ne pouvait être autre chose que le cancer… J’imagine que je m’accrochais frénétiquement à n’importe quoi.

Nous avons déposé la cage sur son comptoir et ouvert la porte. Elle qui était si méfiante avec les humains qu’elle ne connaissait pas, elle qui hésitait longuement avant de se montrer le museau dans le bureau de son vet, elle est sortie pas trop longtemps après que la porte eût été entrouverte.

Dans des moments graves, solennels comme celui-ci, où débute la fiction, où commence le voyage effectué à la vitesse de la lumière que l’imagination qui s’emballe follement peut nous faire faire ? Toujours est-il que je pense avoir vu dans les yeux de Piko qu’elle savait ce qui se passait et qu’elle acceptait la destination finale qui se présentait à elle.

Alors le vet lui a administré un sédatif par injection. Elle n’a pas bronché, n’a pas reculé, n’a pas cherché à se sauver. Elle lui a laissé piquer sa nuque, docile. Elle était calme.

Le souffle me manquait, la pression sur ma poitrine était tellement intense, je me sentais comme un point de rayon laser dans la pièce.

Le sédatif a pris environ 10 minutes pour agir. Le vet gardait sa main et ses bras autour d’elle pour sentir le moment où elle commencerait à faiblir. Ma petite Piko, ma petite Piko…

Je pense que le fait que sa dernière journée fut si bonne était sa façon de nous montrer qu’elle pourrait être pas mal mieux si ce n’était de cette putain de maladie sale qui la tuait.

Piko

Nous la caressions doucement sur les pattes, sur ses joues, sa tête. Quand le vet a senti qu’elle commençait à sombrer dans une immense torpeur, il l’a couché sur son côté sur une petite couverture épaisse et moelleuse. La femme du vet, le vet et nous la tenions pendant qu’elle se laissait glisser dans le sommeil.

Une fois inerte, le vet lui a injecté la mixture létale. Les quatre, nous la tenions doucement et tendrement, le moment était si fort et si violent en moi, je me sentais à vif. Nous étions tous les quatre émus : nous deux en larmes, le vet et sa femme par la gravité du moment.

Cela n’a même pas pris deux minutes. Je voyais qu’elle ne respirait plus. Le vet l’a auscultée. Il n’y avait plus de battements dans son cœur. Elle était partie… Ma petite Piko était partie…

Le vet nous a avoué que dans des instants comme celui-ci, il souhaitait tellement être un mécanicien d’auto au lieu d’un vétérinaire : un mécanicien trouvera toujours un moyen de remettre sur la route un véhicule au lieu de mettre fin à une existence comme un vétérinaire doit le faire parfois.

Je l’ai flattée une dernière fois, elle était encore chaude au toucher, sa fourrure douce comme du duvet.

Je me rappellerai toujours combien vulnérable mais combien noble aussi elle avait l’air quand elle a accepté la piqûre du sédatif, quand elle a doucement glissé dans le sommeil.

J’étais inconsolable. Nous étions inconsolables. Notre petite boule de courage et d’énergie, notre petite Piko adorée, si émouvante et bouleversante s’était éteinte devant nous.

Donc ses cendres et l’urne la contenant seront prêtes dans 10 à 14 jours. Le vet et sa femme ne voulaient pas que nous réglions la facture tout de suite, ils ont insisté que ce soit fait plutôt lors de notre prochaine visite.

Puisqu’ils ont été conçus, Genji et Piko, en quelque part dans les Laurentides, nous allons louer pour une journée une auto dès que financièrement possible et nous irons au Parc national du Mont-Tremblant avec ses cendres. Nous allons faire une randonnée pédestre dans un sentier où nous aurons de l’intimité et quand nous allons sentir que l’endroit et le moment sont bons, nous allons répandre ses cendres dans un bois.

C’est la moindre des choses que nous pouvons faire pour notre petite Piko.

Je savais que c’était pour arriver puisque j’ai déjà eu à faire euthanasier deux autres chattes il y a de cela bien des années, mais jeudi en soirée je jurerais que j’ai vu Piko à quelques reprises dans ma vision périphérique, une ombre qui bougeait dans le salon. Je la sens aussi régulièrement venir se coller contre moi, enroulant sa queue autour de mes jambes comme elle le faisait.

Alors, peut-être bien qu’elle pense à nous et aussi, peut-être qu’elle dira quelque chose de bien à propos de nous dans le ciel des chats.

Par où commencer ? « Il était une fois … » ? Ou peut-être, « Un jour … » ?

Je pense que je serais mieux de laisser tomber les formules toutes faites parce que ceci est une partie de ma vie qui s’envole.

Quand on aime, on veut défendre l’être aimé contre tout : les attaques verbales, les assauts physiques, la maladie, le temps et la mort.

Ce qui est un peu niaiseux. On peut s’interposer contre les sévices verbaux ou physiques et soigner la maladie bénigne mais vouloir protéger contre la maladie grave comme le cancer, le temps et la mort c’est un objectif carrément inutile et utopique.

Piko, ma petite Piko se meurt du cancer de l’os de la mâchoire. Nous avons rendez-vous demain avec le vétérinaire pour mettre fin à sa souffrance. Elle est une toute petite boule de souffrance de ce temps-ci, ma petite Piko.

Piko

Elle qui marchait pesamment du talon partout dans l’appartement comme pour montrer à son bully de frère qu’elle n’en avait pas peur, qu’elle ne s’en laisserait pas imposer, qu’elle était en crisse perpétuellement, elle marche comme un fantôme depuis quelques semaines. On ne l’entend plus venir, elle flotte sur le plancher comme si elle voulait disparaître.

Peu avant Noël, elle s’était mise à faire ses besoins un peu partout comme si elle avait peur de se servir de sa boîte de litière.

Il y a quelques années, quand nous avions changé la sorte de litière pour son frère asthmatique (les litières agglomérantes tuent les chats à petit feu à cause du bentonite qu’elles contiennent…), elle avait aussi eu des ratées occasionnelles comme si elle protestait contre le fait que nous prenions trop de précautions pour son frère et que par le fait même, elle en subissait les conséquences. Mais nous n’avions qu’à tenir la litière ultra propre pour effacer toutes traces de son frère qui s’en servait aussi et ça allait.

Mais avant Noël, c’était différent. Les deux boîtes de litière étaient propres et elle avait des ratées quand même. Des ratées beaucoup plus inquiétantes. Exaspérées, nous l’avions amenée chez le vétérinaire pour savoir et comprendre ce qui se passait.

Maintenant je sais que ce n’était pas pour mal faire : c’était sa façon à elle de peser sur le bouton de panique, de nous dire qu’il y avait quelque chose de terrible, de vil, de perfide qui se développait à l’intérieur de son corps.

C’est sûr qu’elle montrait des signes évidents de vieillesse : elle avait comme des spasmes quand elle ronronnait à tue tête, soubresauts rapides des moustaches, des paupières et des sourcils, des secousses saccadées dans ses pattes comme si elle avait momentanément un shake foudroyant. Quinze ans et demi pour un chat, nous nous retrouvons en territoire de gériatrie avancée chez le félin domestique. Alors on se disait qu’elle faisait peut-être de l’Alzheimer félin, si ça existait pour les chats. Nous étions en terrain inconnu.

Donc en sortant du vétérinaire avant notre tout petit voyage de deux jours à Québec pour la fête de Noël nous ne savions pas trop ce qui se passait et nous avions décidé d’envelopper tout, en autant que possible, dans du plastique avant de partir pour éviter les dégâts. Inutile de dire que nous nous attendions au pire à notre retour !

Les choses s’étaient ensuite replacées et nous n’avions qu’à prendre encore un peu plus de précautions pour notre petite Piko. Au début février, nous nous sommes aperçues que Piko avait une bosse sur sa mâchoire inférieure. Au début, j’étais certaine que c’était une de ses dents qui en était la cause. Donc, dès que financièrement possible, nous sommes retournées aller voir le vétérinaire. La seule chose qui m’inquiétait et me faisait croire que finalement ce n’était pas une infection dû à ses dents, c’est que la bosse qui était très dure comme une roche au toucher n’avait pas diminué du tout dans les dix jours que cela nous a pris pour amasser le fric nécessaire pour la visite au vet. Alors, j’étais un peu appréhensive, craintive face au diagnostic.

Même si je m’y attendais un peu, ç’a eu le même effet qu’une tonne de briques subitement tombée sur mes épaules, une monstrueuse bombe dans mon cerveau, un gigantesque trou noir toxique dans mon cœur, un vortex glacé dans mon âme. Notre petite Piko souffrait du cancer de l’os qui est de plus en plus fréquent maintenant chez le chat âgé nous disait notre vet.

Il n’y avait pas grand chose à faire. Nous sommes sorties de là, complètement anéanties, avec un concentré de vitamines et minéraux pour lui redonner un peu de force (elle avait perdu trois livres et demi en moins de deux mois, elle qui n’était pas grosse pour commencer…) et des comprimés de prednisone qui aident à faire diminuer les tumeurs mais tout ceci n’était que pour la rendre un peu plus confortable et lui adoucir ses derniers moments parce qu’il était évident qu’elle ne se sortirait pas de cette dernière épreuve dans sa vie.

Je dis « épreuve » parce que son bully de frère lui a rendu la vie misérable. Nous avons tant bien que mal tenté de le corriger mais il lui faisait des vacheries à chaque opportunité qui se présentait. Lui, beaucoup plus gros et fort qu’elle, se faisait un devoir de lui rappeler que c’était lui le boss de la maison. Elle, qui était follement attachée à lui, a mis quelques années avant de vraiment le détester à son tour. Elle a démontré un courage inouï en lui faisant face comme elle l’a fait au fil des ans.

Courage qu’elle démontre encore une fois devant cette terreur de maladie, le cancer. Mon cœur explose en millions de parcelles comme une flaque de mercure qu’on essaie de ramasser quand je la regarde essayer de faire du mieux qu’elle peut sans se plaindre. Elle est brave, ma petite Piko.

Nous avions convenu, le vet et nous, que nous la garderions tant qu’elle aurait une qualité de vie mais là, à mon grand désarroi, à mon immense et infini chagrin, c’est la fin pour elle.

Le prednisone s’est avéré d’aucun secours, elle crachait du sang mêlé à de la salive les deux fois où nous avons tenté de lui en administrer.

Je mélange de l’eau dans son pâté pour qu’elle puisse l’avaler, elle a maintenant de la difficulté à mâcher. Elle qui préférait de loin la nourriture sèche à la nourriture humide en boîte ne peut plus en manger. La nourriture sèche aussi je l’humecte avec de l’eau tiède pour lui rendre l’ingestion plus facile mais il est évident qu’elle n’a plus de plaisir à manger ces morceaux rendus mous alors elle les ignore.

Donc elle mange son pâté qui est presque liquide mais elle continue de maigrir et devient de plus en plus faible. Elle titube parfois, manque d’équilibre ces derniers jours. Elle qui était une championne olympique des sauts en hauteur peine à grimper dans le lit qui est presqu’au niveau du sol, comme si elle tentait de gravir l’Everest.

Et hier matin, mardi le 22 mars 2011, ce qui nous a finalement pousser à accepter l’inévitable, l’horreur de la scène… Du sang est sorti de sa bouche après qu’elle a mangé de son pâté. Sa tumeur a pris beaucoup d’ampleur. Avant on ne la remarquait pas beaucoup, mais là le côté droit de son visage est un peu déformé par la bosse qui a poussé par en avant de sa mâchoire et un peu sur le côté aussi.

Cela nous a pris un bon six ans pour gagner sa confiance, à notre petite Piko. Cela s’est fait graduellement. Après que nous les ayons amenés à la maison quand ils avaient deux mois, on dirait qu’elle nous en voulait parce que son frère nous avait rapidement adoptées à ses dépends et elle semblait profondément meurtrie par ce changement dans sa vie.

Au début, nous ne pouvions même pas nous assoir sur le même divan qu’elle. Elle en descendait et changeait de pièce.

Puis, elle en descendait mais changeait de fauteuil.

Puis elle restait, en autant que nous gardions nos distances.

Puis, elle restait en autant que nous ne la flattions pas trop. Puis…

Et puis, nous avons gagné son cœur. Elle nous l’a donné à vie, sans compromis, comme si elle nous donnait un trésor. Comment ne pas se sentir honorées devant quelque chose d’aussi rare et précieux ?

Alors demain, si possible, je serai forte pour elle, je vais la tenir dans mes bras pour pas qu’elle ait peur, pour qu’elle se détache doucement et fasse son nouveau chemin avec la même bravoure, le même courage qu’elle a toujours démontré face à tous les obstacles qu’elle a rencontrés sur son chemin. J’espère, s’il y a un au-delà, qu’elle aura des petites pensées pour nous parce que nous en aurons pour elle jusqu’à la fin de nos jours. Et nous aurons besoin de son aide.

Ma petite Piko, mon petit cœur, qui m’a donné des leçons de vie à tous les jours…

Hotmail.com is crap. I got another one of those delicious spam emails, this morning. May all spammers rot in hell. :)

From: Douglas Barbosa Alberti douglasbarbosa_18@hotmail.com
Subject: Tomorrow going to do?
Date: August 10, 2010 5:06:55 AM EDT
To: richard-mcwilliams-1@uiwa.du
Return-Path: douglasbarbosa_18@hotmail.com
Received: from col0-omc1-s11.col0.hotmail.com ([65.55.34.21]) by 3.ip.video.ca (Sun Java(tm) System Messaging Server 6.3-8.04 (built Jul 29 2009; 32bit)) with ESMTP id for plexiglass30@video,ca; Tue, 10 Aug 2010 05:08:27 -0400 (EDT)
Received: from COL118-W9 ([65.55.34.9]) by col0-omc1-s11.col0.hotmail.com with Microsoft SMTPSVC(6.0.3790.4675); Tue, 10 Aug 2010 02:06:55 -0700
X-Originating-Ip: 222.88.234.61
Message-Id: COL118-W92A2E8A8D1767A4DC475890950@phx.gbl
Mime-Version: 1.0
Content-Type: multipart/alternative; boundary="Boundary_(ID_KseUxJG01l/4TrZvm4IeWQ)"
Importance: Normal
X-Originalarrivaltime: 10 Aug 2010 09:06:55.0361 (UTC) FILETIME=[61337710:01CB386B]

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How does he know I’m a sight for sore eyes anyway? o_0

Fiou !

Il y a eu des problèmes récemment avec mon compte WordPress mais cela semble réparé et fonctionné à nouveau.

Un gros merci à Tony de chez WordPress.com !

Oh my! Someone higher up knows me and wants all this personal info from me! I am truly honoured. Gotta send His Excellency all that he asks. I’ll get something in return, I am sure of it.

He somehow must be related to these guys.

Or maybe this one.

From: Mr Williams Donkor -> deliveryunit212@att.net
Subject: UN Diplomatic Unit
Date: May 16, 2010 6:17:00 PM EDT
To: undisclosed recipients: ;
Reply-To: mrwilliamsdonkor@yahoo.co.jp
Received: from web180207.mail.gq1.yahoo.com 67.195.13.167
Received: qmail 97307 invoked by uid 60001; Sun, 16 May 2010 22:17:00 +0000
Received: from 41.218.251.190 by web180207.mail.gq1.yahoo.com via HTTP; Sun, 16 May 2010 15:17:00 -0700 (PDT)
Message-Id: 246895.97037.qm@web180207.mail.gq1.yahoo.com
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KOTOKA INTERNATIONAL AIRPORT,
OFFICE OF THE CUSTOMS AND PRESIDENTIAL CASTLE,
MARITIME AND AVIATION UNIT,
ACCRA ? GHANA.

ATTN; HONORABLE BENEFICIARY,

We decided to communicate with you via this medium as instructed by United Nation to inform you of the release and arrangement to deliver your long awaited consignment through an assign UN Diplomat.

After series of meetings between United Nation and Members of Economic West African States(Ecowas) and G8 Committee your file fell among the submitted list of beneficiaries to receive their consignment from United Nation this last delivery batch for the year 2009.

Your consignment was seized/withhold by United Nation due to your wrong dealings with none UN official and none legal documents that was duly approved for the release and shipment of your consignment by United Nation. You are thereby warned to desist from communicating with anyone in regard to your consignment for now until your consignment have been delivered to you by the UN assign diplomat to avoid any sort of interruption.

To get your consignment delivered at your doorstep address as agreed by United Nation, you will be required to forward to my Commission the followings: copy of your identification (either driver’s license or Intl. passport copy), your office & home address, telephone numbers (including cell phone no. for effective communication) and also the name of your nearest Intl. airport to your city.

Once we receive the following information’s the legal documents and relevant papers work for the shipment will be procured from the authorities in charge here at Accra-Ghana Republic West African Sub-regional office. The said documents will also empower you to lodge your fund therein the trunk boxes in any bank of your choice in the world without interference from law enforcement agents.

This delivery is urgent so do not hesitate or delay to send the requirement to avoid unnecessary delays.

PLEASE GET BACK TO ME.
Mr Williams Donkor
For UN Diplomatic Unit
Tel:+233241861601.

Ça faque…

Ben qui l’eût cru ?

Le Canadien de Montréal a gagné en sept parties contre les Capitals de Washington !!!

Wow. Ben de ce que j’ai vu, Washington ne formait pas une vraie équipe alors que Canadien jouait collectivement et tous mettaient de leur énergie en commun dans les parties.

Évidemment, il y avait Andreï Kostitsyn qui avait l’air d’un vrai touriste sur patins dans quelques matchs par moments mais bon au moins il a donné à ses coéquipiers un match de trois buts et une aide dans la série. Et un superbe ajout que ce P.K. Subban ! Que dieu nous préserve de la présence gaffeuse de Jaroslav Spacek pour le reste de l’année !

Le point tournant de la série a été quand Jacques Martin s’est mis à vraiment coacher et que la troisième période était réservée à ceux qui apportaient une réelle contribution sans être un facteur à risque et aussi quand il a commencé à opposer Hal Gill et Josh Georges à la ligne d’Ovechkin. On voyait qu’Ovechkin devenait de plus en plus frustré et que ça n’allait plus du tout à son goût.

Et que dire de Jaroslav Halak ! Bon sang, depuis plus de 45 ans que je regarde des parties du Canadien et des performances de ce genre il n’y en a pas eu des tonnes ! Le repos d’un match et demi lui a fait grand bien et il est revenu en force, concentré comme un rayon laser. À lui seul, il a fait monté le niveau de stress et de frustration au plafond dans le camp de Washington.

Un autre facteur d’après moi a été l’arrogance à peine voilée de Washington. De toute évidence, ils croyaient battre Montréal en quatre petites parties une main dans le dos et hop ! au prochain ! Ovechkin parlait à un moment donné dans un point de presse des Flyers de Philadelphie quand Washington menait trois parties à une comme si le Canadien de Montréal était déjà éliminé. Grave erreur, comme tout le monde l’a vu et le Alex a bien des croûtes à manger au niveau de la maturité. Au hockey, il ne faut jamais sous-estimer l’adversaire, surtout dans le hockey de maintenant. Les équipes à dynasties comme chez le Canadien des années 50, 60 et 70, ça n’existe pas pour le moment. Les Red Wings de Détroit ont survolé les autres équipes pendant deux, trois ans mais ils n’ont pas dominé outrageusement comme dans ces époques-là.

L’entraîneur Bruce Boudreau des Capitals de Washington a été très étrange aussi, attirant constamment l’attention et en cherchant à partir des petites guéguerres de mots et des controverses mais Martin et ses joueurs ont refusé de jouer son jeu donc la pression restait dans le camp de Washington. Au lieu de faire le moron, Boudreau aurait été mieux de se mettre à coacher. D’après moi, Martin l’a mis dans sa petite poche arrière et je n’ai pas vu Boudreau apporter aucun ajustement sur quoi que ce soit dans le jeu d’ensemble au cours de la série.

Et puis, entre nous, c’est toujours jouissif de voir des arrogants se faire rassoir devant tout le monde comme se fut le cas cette fois-ci.

Bon alors c’est les Penguins de Pittsburgh ce soir. Seulement 48 heures de congé pour le Canadien alors que Pittsburgh est en congé depuis quelques jours déjà.

Pittsburgh, c’est une toute autre histoire que Washington. C’est une équipe qui, pas plus tard que l’an passé, a gagné la coupe Stanley. Donc, cette équipe sait ce que ça prend pour se rendre jusqu’au bout contrairement à Washington.

De plus, Pittsburgh a un meilleur jeu d’ensemble que Washington. Alors que Washington ne comptait que sur des individus, hyper talentueux certes, Pittsburgh a des joueurs hyper talentueux qui jouent en équipe. Toute une saprée différence. Le défi pour Montréal est de très grosse taille. Peut-être trop grosse taille cette fois-ci.

Je pense malheureusement que les Penguins vont gagner en cinq ou six parties. Trop de talent et de collectivité dans cette équipe-là. Leur capitaine et leader, Sidney Crosby ne fait pas la grosse tête de vedette comme Ovechkin le fait. Il est un véritable leader, quelqu’un qui va à la guerre et il est prêt à se sacrifier pour le bien de l’équipe, quelque chose que je ne pensais pas Ovechkin capable ou prêt à faire.

Il se pourrait que Canadien fasse bonne figure ce soir si la fatigue n’est pas trop grande parce que Pittsburgh sortira peut-être rouillé après ce long congé de six jours et peut-être que Montréal arrachera un match à Montréal mais je pense en toute logique que ce sera à peu près tout.

Donc, Pittsburgh en cinq ou six.

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